NOUVELLES
18/11/2017 18:00 EST

Formation d'un gouvernement allemand: les trois dossiers qui fâchent

Voici les trois principaux points de discorde dans les négociations en cours en Allemagne entre conservateurs, libéraux et écologistes pour tenter de former un gouvernement, et qui menacent d'échouer dimanche.

- Migration

Sans doute la thématique la plus épineuse dans un pays ayant accueilli plus d'un million de réfugiés depuis 2015 et qui a vu l'extrême droite AfD surfer sur le mécontentement d'une partie de l'opinion: les conservateurs de la CDU, mais davantage encore leur allié bavarois la CSU, ainsi que les Libéraux campent sur une politique migratoire restrictive avec la mise en place d'un plafond maximal de réfugiés pouvant être accueillis chaque année. Autour de 200.000.

Les Verts paraissent désormais prêts à accepter une limitation mais ils plaident en retour pour une reprise l'an prochain des regroupements familiaux pour les réfugiés syriens et afghans titulaires d'un statut d'asile temporaire. Les autres partis, craignant de perdre encore davantage d'électeurs vers l'AfD, s'y refusent.

- Climat

Si tous les partis s'accordent à vouloir respecter les objectifs internationaux de l'accord de Paris, des différences apparaissent notamment sur la question de savoir de combien le pays devra réduire ses émissions de C02 pour atteindre ses propres objectifs. Dans ce contexte, tout le monde est d'accord pour réduire la part d'électricité tirée du charbon. Mais de combien? Baisse seulement de 3 gigawatts de production (conservateurs et libéraux) ou 10 gigawatts?

Par ailleurs, les écologistes ont renoncé à demander une date fixe pour la fin des moteurs à combustion dans l'automobile. Mais ils veulent plus d'incitations fiscales pour les véhicules propres. Et les partis se disputent sur l'ampleur des restrictions à prévoir pour les véhicules diesel en ville.

- Europe

Quel sera la réponse de l'Allemagne aux propositions de relance de l'UE et de la zone euro du président français Emmanuel Macron ou du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker?

Les libéraux ne veulent plus d'un fonds de secours pour les pays frappés par une crise de la dette et excluent un budget propre à la zone euro pour des projets communs. Les conservateurs d'Angela Merkel sont plus ouverts sur ces deux sujets mais rejettent des transferts financiers automatiques entre pays de la zone euro ou une mutualisation des dettes. A l'inverse, les écologistes appellent à ne pas rejeter la "main tendue" du président français.

Sur la Turquie, la CSU souhaite définitivement rompre les négociations en vue de son entrée dans l'UE, une position trop tranchée pour les Verts.

bur-dac/ylf/plh