NOUVELLES
18/11/2017 03:22 EST

Deux journalistes cambodgiens inculpés d'espionnage

Deux journalistes cambodgiens ont été inculpés d'espionnage samedi sous l'accusation d'avoir transmis des informations à Radio Free Asia (RFA), basée à Washington, dernier développement dans la vague de répression à l'encontre de la dissidence dans le pays.

Selon une source policière, les deux anciens journalistes de RFA, Oun Chhin et Yeang Sothearin, ont été arrêtés mardi et risquent jusqu'à quinze années d'emprisonnement. Ils se seraient servis d'un studio de la capitale pour des activités journalistiques.

Après avoir passé en revue "suffisamment d'éléments, le procureur du tribunal municipal de Phnom Penh a décidé de les inculper pour avoir fourni à un Etat étranger des informations nuisibles à la défense nationale", a précisé un porte-parole du tribunal, Ly Sophana.

Leur arrestation est intervenue juste avant la dissolution, jeudi, par la Cour suprême du Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP), le principal parti de l'opposition, accusé d'avoir conspiré avec les Etats-Unis pour fomenter une révolution.

Washington avait jugé que ces accusations étaient sans fondement, les organisations de défense des droits de l'Homme y voyant un pas supplémentaire vers l'instauration d'un régime de facto à parti unique au Cambodge, sous la direction de l'inamovible Premier ministre Hun Sen.

Ces arrestations font partie d'une "campagne cynique de persécutions" menée par Hun Sen, a réagi RFA, financé par les Etats-Unis.

Les deux journalistes n'avaient pas le moindre contact avec RFA depuis la fermeture en septembre de ses bureaux à Phnom Penh. "Les accusations présentées aujourd'hui devant le tribunal n'ont en réalité aucun fondement", a souligné Rohit Mahajan, porte-parole de RFA, dans un courriel à l'AFP.

Plusieurs condamnations ont été prononcées ces derniers mois à l'encontre des opposants du Premier ministre cambodgien, avec pour objectif de les réduire au silence, comme des ONG et des médias indépendants. Radio Free Asia a été contrainte de fermer ses bureaux après vingt années d'activités, à la suite de différentes menaces à son encontre.

Hun Sen est au pouvoir depuis 1985. Il a recours à une rhétorique ouvertement hostile aux Etats-Unis pour expliquer une politique de répression face à toute opposition. Ces développements se produisent dans la perspective des élections législatives cruciales de juillet 2018.

suy-ssm/sm/pg