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16/11/2017 13:41 EST

Spéculations sur le sort d'un homme d'affaires turco-iranien détenu aux Etats-Unis

Où est Reza Zarrab, l'homme d'affaires turco-iranien inculpé aux Etats-Unis pour avoir enfreint les sanctions contre l'Iran, au coeur d'une affaire potentiellement explosive pour le pouvoir turc, dont le procès doit s'ouvrir lundi à New York?

La dernière audience de préparation du procès qui s'est tenue jeudi devant le juge fédéral new-yorkais Richard Berman a alimenté les spéculations des médias américains sur un retournement de Reza Zarrab, qu'ils soupçonnent d'avoir accepté de plaider coupable et de coopérer avec la justice américaine.

Un porte-parole du procureur, James Margolin, a ainsi confirmé que M. Zarrab n'était pas présent à cette audience, comme il aurait dû. Il a ajouté que Reza Zarrab était toujours "aux mains de la justice américaine", mais sans préciser où.

Lors de l'audience jeudi, l'avocat d'un co-accusé, Mehmet Akan Attila, a aussi interrogé le juge sur la présence de M. Zarrab au procès. Richard Berman a répondu de façon sibylline, lui conseillant de "surveiller les nouvelles pièces versées au dossier", a rapporté James Margolin.

Sollicité, l'avocat de Reza Zarrab, le célèbre Ben Brafman, a décliné tout commentaire.

Le ministère turc des Affaires étrangères a aussi indiqué mercredi que son ambassade à Washington avait fait "une demande officielle auprès des autorités américaines pour obtenir des informations au sujet de Reza Zarrab".

"Nous attendons toujours une réponse", a ajouté le ministère.

Le retournement de Reza Zarrab constituerait un nouveau rebondissement dans cette affaire complexe, au coeur des tensions turco-américaines actuelles.

En décembre 2013, M. Zarrab avait été arrêté et détenu pendant plus de deux mois en Turquie, avec des dizaines d'autres proches du pouvoir, pour s'être livré à un trafic illicite d'or avec l'Iran, facilité par des ministres du gouvernement islamo-conservateur d'Ankara. Quatre d'entre eux avaient alors démissionné ou été remerciés.

Son arrestation lors d'une visite aux Etats-Unis en 2016, ainsi que celle, en mars, du banquier Mehmet Akan Atilla, avaient suscité l'ire du président Erdogan et exacerbé les tensions entre Ankara-Washington.

Depuis Reza Zarrab a été cité en connexion avec une des grandes sources de tensions américano-turques: l'extradition du prédicateur Fethullah Gülen, qui vit en Pennsylvanie et est accusé par Ankara d'avoir fomenté le putsch manqué contre Erdogan de juillet 2016.

De sombres négociations sur la remise éventuelle de Fethullah Gülen à Ankara se seraient déroulées juste après l'élection de Donald Trump en novembre 2016 entre l'ex-conseiller américain à la sécurité nationale Michael Flynn et le gouvernement turc, lors desquelles la libération de Reza Zarrab aurait été évoquée.

La Turquie comme les avocats de M. Flynn - un personnage-clé dans l'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur une éventuelle collusion entre la campagne Trump et la Russie - ont démenti l'existence de telles négociations.

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