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16/11/2017 10:15 EST

Réfugiés: le HCR pour un transfèrement plus rapide vers la Grèce continentale

Le représentant du HCR en Grèce s'est prononcé jeudi pour une accélération des transfèrements de certains demandeurs d'asile des îles grecques vers le continent, remarquant que l'encombrement actuel de celles-ci ne favorisait pas l'identification d'éventuels combattants de Daech.

Presque tous les réfugiés arrivés en Grèce par les îles depuis l'accord UE-Turquie de mars 2016 ont demandé l'asile pour échapper au renvoi en Turquie.

Hormis les plus vulnérables, le gouvernement grec ne les transfère pas sur le continent tant que leur demande d'asile n'a pas été acceptée.

Il y a désormais 14.000 demandeurs d'asile sur les îles, soit trois fois plus que les capacités d'hébergement disponibles à Samos, Chios et Lesbos, où les conditions de vie "ne sont plus adéquates", a souligné Philippe Leclerc lors d'une conférence de presse.

De plus les arrivées ont augmenté depuis l'été, à au moins 130 par jour en moyenne en octobre et novembre.

Interrogé sur la possibilité qu'il y ait parmi eux "des combattants étrangers", M. Leclerc a indiqué que "c'est toujours une inquiétude" pour le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Il a noté qu'en effet, "certaines personnes arrivant aujourd'hui viennent des zones de Raqqa ou Deir Ezzor (Syrie) ou Mossoul (Irak)" perdues par Daech ces derniers mois.

"Pour l'instant je n'ai pas d'indication directe que de tels combattants aient été identifiés", a-t-il toutefois assuré.

"Il est important que les procédures (de police et d'asile) fonctionnent bien", a-t-il relevé, "mais une situation d'îles surpeuplées n'aide en rien".

Dans cette veine, M. Leclerc a noté qu'il n'y a actuellement en pratique que deux catégories de demandeurs d'asile qui sont effectivement renvoyées en Turquie aux termes de l'accord UE-Turquie.

D'abord, ceux issus de nationalités ayant un taux bas de reconnaissance comme réfugiés, comme les Pakistanais, les Bengalis, les Maghrébins.

L'autre catégorie, depuis la decision du Conseil d'Etat grec fin septembre, sont les Syriens déclarés inadmissibles à l'asile, qui représentent environ 30% des demandeurs syriens.

Mais "pour tous les autres, à l'heure actuelle, nous ne voyons pas de possibilité qu'ils soient renvoyés en Turquie à horizon prévisible", a relevé M. Leclerc.

Cela concerne notamment les Afghans et les Irakiens, soit "une large proportion des personnes actuellement sur les îles". M. Leclerc a appelé à "ce qu'ils n'y restent pas de longues périodes pour rien" et que "leur demande d'asile puisse être traitée sur le continent".

Il y avait fin octobre en Grèce, selon les chiffres du HCR, 46.462 réfugiés et migrants, dont 32.810 sur le continent. Contrairement aux îles débordées, il y a sur le continent 25 camps pouvant accueillir, et le HCR espère monter à 22.000 le nombre de places en appartements d'ici la fin de l'année.

od/pg