NOUVELLES
16/11/2017 02:49 EST

Réforme de l'asile: les eurodéputés prêts à débuter les discussions

Le Parlement européen est prêt à entamer les négociations avec les pays de l'UE sur les règles de répartition des demandeurs d'asile en Europe, après avoir entériné sa position de négociation lors d'un vote jeudi en session plénière à Strasbourg.

Les eurodéputés défendront leur position lors de négociations appelées "trilogue" dans le jargon européen, qui doivent aboutir à un compromis entre les positions des institutions.

Les discussions peuvent se conclure en quelques semaines quand les positions sont proches, ou se poursuivre pendant des mois, voire un ou deux ans, si elles sont trop éloignées.

Les eurodéputés ont largement remanié la réforme telle qu'elle avait été proposée il y a un an et demi par la Commission européenne, soucieuse de tirer les leçons de la crise migratoire qui a vu plus d'un million de migrants débarquer sur les côtes italiennes et grecques en 2015.

Pour soulager à l'avenir les pays en première ligne, le Parlement propose un "mécanisme permanent et automatique" de répartition, qui remplacerait l'actuel "règlement Dublin", selon lequel le pays de première entrée dans l'UE est responsable d'une demande d'asile.

Contrairement aux quotas controversés qui ont été en vigueur dans l'UE pendant deux ans jusqu'à fin septembre 2017, ce nouveau système ne serait plus une dérogation exceptionnelle au "règlement Dublin" mais deviendrait la règle pour chaque demandeur d'asile arrivant dans tout pays de l'UE.

Les demandeurs pourraient être transférés à tout moment depuis leur pays d'arrivée vers d'autres pays qui n'auraient pas encore atteint leur "juste part" d'accueil, calculée en fonction du PIB et de la démographie.

Les Etats membres qui refuseraient leur part --comme certains l'ont fait au moment du plan de "relocalisation" temporaire de 2015 à 2017-- pourraient être privés de certains fonds européens, demandent les eurodéputés.

Ces propositions vont bien plus loin que celles de la Commission, qui ne prévoyait des quotas de répartition qu'en cas d'afflux exceptionnel.

Le Conseil reste de son côté loin d'avoir adopté une position de négociation commune, les Etats membres étant divisés sur la question de l'accueil des demandeurs d'asile.

Une majorité refuse le principe d'un mécanisme permanent et automatique, tandis que d'autres, comme la Hongrie et la Pologne, excluent catégoriquement l'idée d'accueillir des demandeurs d'asile entrés dans l'UE via d'autres Etats membres, même en situation de crise majeure.

zap/cds/lb