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16/11/2017 02:20 EST

Purges anticommunistes en Indonésie: de nouvelles fosses communes (ONG)

De nouvelles fosses communes de victimes des purges anticommunistes de 1965-66 en Indonésie, l'un des pires massacres du XXe siècle, ont été découvertes, a indiqué jeudi une ONG, un mois après la déclassification d'archives par les Etats-Unis.

Seize nouvelles fosses ont été localisées sur l'île de Java et pourraient contenir jusqu'à 5.000 victimes, a déclaré Bedjo Untung, directeur de la Fondation pour la recherche des victimes des massacres de 1965-66 dans l'archipel d'Asie du Sud-Est.

Environ 500.000 personnes affiliées au Parti communiste indonésien (PKI) ont été tuées dans les massacres de l'armée d'octobre 1965 à mars 1966 par des militaires et des milices civiles, selon des historiens.

Les massacres ont débuté après que le général Suharto a réprimé un coup d'Etat manqué en 1965, attribué par les autorités aux communistes. Le dictateur avait ensuite pris le pouvoir et dirigé le pays d'une main de fer pendant 32 ans. Il a été chassé du pouvoir par une révolte populaire en 1998, à la suite de la crise financière asiatique, et est décédé en 2008.

Au cours de son règne, les massacres ont été présentés comme une étape nécessaire pour débarrasser le pays du communisme, à une époque où l'Indonésie avait le troisième plus grand parti communiste au monde après la Chine et l'Union soviétique.

Des témoins des massacres ont orienté l'ONG vers ces fosses communes sur l'île de Java, un site parmi plus d'une centaine d'autres éparpillés à travers l'archipel.

"L'un des témoins a dit que le travail de son grand-père consistait à laver les corps. Il était avec son grand-père tous les jours et l'a vu laver environ 50 corps par jour", a déclaré M. Untung.

Ce dernier, qui fut emprisonné dans les années 1960 pour avoir appartenu au PKI, a appelé la Commission indonésienne des droits de l'homme, une institution publique, à enquêter sur ces fosses communes et à les protéger.

Fin octobre, le secret avait été levé sur 39 documents de l'ambassade des Etats-Unis à Jakarta couvrant la période de 1964 à 1968, en pleine guerre froide. Ils apportent de nouvelles informations sur l'un des épisodes les plus mouvementés de l'histoire moderne en Indonésie.

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