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16/11/2017 12:22 EST

ONU/Syrie: pas de deux tendu entre les ambassadeurs américain et russe

Les ambassadeurs américain et russe à l'ONU, Nikki Haley et Vassily Nebenzia, se sont livrés jeudi à un stupéfiant pas de deux procédural au Conseil de sécurité avant un veto de Moscou sur un projet américain sur les armes chimiques en Syrie.

Les deux pays avaient soumis deux projets de résolution concurrents sur une prolongation du mandat des experts internationaux chargés d'enquêter sur le recours aux armes chimiques dans la guerre syrienne. Deux votes étaient prévus à 20H00 GMT, d'abord sur le projet américain, ensuite sur le projet russe.

D'emblée, le début de la réunion publique prend du retard. La caméra de l'ONU s'attarde sur Nikki Haley et Vassily Nebenzia, debouts dans un coin de la pièce, en grande conversation. L'Américaine, visage fermé, agite les bras pour tenter d'appuyer ses phrases, cherchant visiblement à convaincre son homologue, plus serein, une main dans une poche.

La réunion finit par débuter avec pas moins d'une demi-douzaine d'interpellations entre les deux pays:

Nebenzia: "Je demande que le vote de la résolution russe intervienne en deuxième et non en premier comme demandé par les Etats-Unis". Et d'avancer que la procédure dit qu'en cas de deux votes, le premier doit revenir au premier pays à avoir demandé le scrutin, donc les Etats-Unis.

Haley: "Il nous faut suivre la procédure", il faut "de la discipline!". Selon elle, la Russie ayant été la première à rendre public son projet de résolution, le premier vote doit être sur son texte.

Nebenzia: "Ne jouons pas de jeu politique!"

Haley: "Priorité aux projets dans l'ordre où ils sont présentés!"

Nebenzia: "Je demande un vote sur la procédure".

Semblant médusé devant ces échanges, le président en exercice du Conseil pour novembre, l'ambassadeur italien Sebastiano Cardi, "remercie" les deux diplomates, en affirmant "comprendre leurs points de vue".

Mise aux voix: sept contre, Moscou perd sa bataille procédurale. Et Vassily Nebenzia retire aussitôt le projet russe de résolution. Seul reste en lice le projet américain. La Russie met son veto, le mandat des enquêteurs n'est pas prolongé.

"Ce qui s'est passé n'était pas très digne du Conseil de sécurité", résume ensuite devant ses pairs l'ambassadeur éthiopien, Tekeda Alemu, en évoquant la responsabilité de l'ONU pour maintenir la paix et la sécurité internationale.

prh/kal