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16/11/2017 17:45 EST

Négociations Aléna: début de la 5e ronde à Mexico

La cinquième ronde de négociations entre le Mexique, les Etats-Unis et le Canada pour moderniser l'accord commercial Aléna débute ce vendredi à Mexico, sur fond d'inquiétude croissante face à la perspective d'une possible rupture.

Les ministres du Commerce des trois pays n'assisteront pas à cette session qui a été précédée de discussions plus techniques depuis mercredi dans la capitale mexicaine.

"Le ton de la 5e ronde de négociations de l'Aléna sera déterminant", estiment les experts de l'Eurasia Group Consultancy.

Les rumeurs d'une sortie des Etats-Unis de cet accord commercial ont diminué récemment, selon eux, mais le président Donald Trump pourrait se décider à quitter l'Aléna "si aucun progrès n'est constaté lors de cette nouvelle ronde de négociations. Le problème c'est que les progrès dépendent de la volonté des Etats-Unis de modérer ou non leurs exigences" ajoutent-ils.

Le président américain, qui a plusieurs fois qualifié l'Aléna de "désastre" pour son pays, soutient des propositions visant à réduire le déficit commercial américain, particulièrement avec le Mexique.

Les Etats-Unis veulent en outre introduire une clause crépusculaire qui permettrait au bout de cinq ans de mettre un terme à cet accord, à moins que le président en décide la prolongation, ce que refusent ses partenaires estimant que cela introduirait une incertitude dommageable à la stabilité des échanges.

Après la 4e ronde en octobre, le représentant américain au commerce Robert Lighthizer, s'était déclaré "surpris et déçu" par la résistance du Canada et du Mexique.

"Il y a une vie après l'Aléna" a de son côté déclaré la semaine dernière le ministre mexicain des Affaires étrangères Luis Videgaray dans l'hypothèse d'une rupture de l'accord.

Le Mexique, dont les exportations sont à 80% absorbées par les Etats-Unis, souffrirait de la rupture de l'Aléna, estiment les analystes.

"Nous pourrions récupérer mais à moyen terme", commente à l'AFP l'expert mexicain en commerce Alejandro Luna. "A court terme, l'économie mexicaine serait affectée pour au moins 3 ans, voire cinq".

En cas de rupture de l'accord, s'appliqueraient alors les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le risque majeur pour l'économie mexicaine "proviendrait d'une chute de l'investissement", selon l'agence de notation américaine Standard & Poor's.

Toutefois, "un cours de change affaibli amortirait le choc en améliorant les exportations nettes", ajoute-t-elle.

Les négociateurs ont convenu lors de la dernière ronde de prolonger les discussions jusqu'au premier trimestre de 2018, une année électorale cruciale pour les trois pays, ce qui pourrait compliquer encore les négociations.

Le Mexique tient en effet son élection présidentielle en juillet, le Canada a des élections provinciales l'été prochain, quant aux Américains, ils voteront pour les élections de mi-mandat en novembre 2018.

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