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16/11/2017 04:36 EST

Le Kirghizstan refuse un prêt du Kazakhstan sur fond de tensions croissantes

Le président du Kirghizstan Almazbek Atambaïev a signé jeudi une résolution parlementaire refusant une aide de 100 millions de dollars de son voisin kazakh, nouvelle escalade dans les mauvaises relations entre ces deux pays d'Asie centrale.

Ces 100 millions de dollars devaient financer la construction de laboratoires permettant aux produits d'exportation kirghiz de respecter les normes de l'Union économique eurasiatique, organisation chapeautée par Moscou dont sont membres les deux pays.

Les relations entre le Kirghizstan et le Kazakhstan sont déplorables depuis que le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev a semblé soutenir le principal candidat de l'opposition, Omourbek Babanov, à l'élection présidentielle kirghize d'octobre.

Depuis, les deux pays s'accusent mutuellement d'infractions économiques et le Kazakhstan a imposé des restrictions à l'importation de produits kirghiz, ce qui selon Bichkek enfreint les règles de l'Union économique eurasiatique.

Almazbek Atambaïev a accusé mercredi les autres membres de l'Union eurasiatique d'être "totalement indifférents" au "blocus" kazakh, qui provoque des embouteillages monstres aux points de passage frontaliers entre les deux pays.

Selon Astana, ces contrôles sont le résultat d'une opération de lutte contre la contrebande kirghize mais ils ont été mis en place quelques semaines après un discours d'Almazbek Atambaïev au cours duquel celui-ci accusait son homologue kazakh d'être un autocrate corrompu.

Almazbek Atambaïev, élu président en 2011 dans la foulée d'une révolution, quittera son poste le 24 novembre. Il sera remplacé par son proche allié et ex-Premier ministre Sooronbaï Jeenbekov, qui a remporté l'élection présidentielle du 15 octobre dès le premier tour.

Conformément à la Constitution, M. Atambaïev n'avait pas le droit de se représenter pour un second mandat.

Le plus proche adversaire du futur président Jeenbekov, Omourbek Babanov, n'avait obtenu que 33% des voix dans une élection marquée par des accusations de fraude, au cours de laquelle les médias d'Etat ont pesé de tout leur poids en faveur de M. Jeenbekov.

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