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16/11/2017 07:56 EST

La Lituanie adopte la "loi Magnitski"

Le parlement lituanien a adopté jeudi une loi qui permettra d'appliquer des sanctions contre des fonctionnaires russes suspectés d'être responsables de violations des droits de l'homme et de blanchiment d'argent, un geste qui a déjà suscité la colère de Moscou.

La Lituanie, membre de l'UE et de l'Otan, est le cinquième pays occidental après les Etats-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne et l'Estonie proche à adopter la "loi Magnitski", qui tient son nom du juriste russe Sergueï Magnitski, décédé en prison en 2009 après avoir démasqué une affaire de corruption impliquant des membres du gouvernement russe.

Proposée par l'opposition et soutenue par le gouvernement lituanien, la loi doit être encore signée par la présidente Dalia Grybauskaite pour entrer en vigueur.

"Je salue la décision finale d'approuver la loi dite +Magnitski+. La Lituanie a ainsi fait preuve d'une position ferme et cohérente", a souligné le chef de la diplomatie lituanienne Linas Linkevicius.

Les diplomates lituaniens élaborent une liste de personnes à qui l'entrée en Lituanie sera interdite pendant cinq ans, a précisé à l'AFP son porte-parole.

Le chef de l'opposition Gabrielius Landsbergis a déjà soumis une liste de 44 noms de citoyens russes, notamment ceux du juriste Alexandre Bastrykine, et du multimillionnaire Andreï Lougovoy.

"Nous allons devoir répondre par des mesures symétriques à ce nouveau geste hostile de la Lituanie envers la Russie et interdire d'entrée un certain nombre de personnes de ce pays", a réagi l'ambassadeur russe à Vilnius, Alexandre Oudaltsov, cité par l'agence Interfax.

La loi a été votée à l'unanimité, symboliquement huit ans jour pour jour après le décès de Magnitski à l'âge de 37 ans dans la prison de Boutyrki à Moscou.

Selon ses proches, il avait été injustement emprisonné et privé par les autorités russes de soins médicaux ce qui a entraîné sa mort.

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