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16/11/2017 10:19 EST | Actualisé 16/11/2017 15:07 EST

HRW félicite Trudeau pour son intervention sur les droits aux Philippines

MANILLE, Philippines — «Human Rights Watch» félicite le premier ministre canadien Justin Trudeau d'avoir soulevé publiquement la question des droits de la personne aux Philippines — une intervention qui a «insulté personnellement et officiellement» le président Rodrigo Duterte.

L'organisme new-yorkais de défense des droits de la personne estime que la stratégie de la «diplomatie tranquille» adoptée par les États-Unis et d'autres pays ne fera rien pour mettre fin aux exécutions sommaires commises par le régime philippin dans le cadre de sa lutte contre la drogue.

Devant la presse à Manille, mardi, M. Trudeau a soutenu que lors d'un entretien privé avec le président Duterte, avant le sommet de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE), il s'était inquiété des «meurtres commis en dehors du système judiciaire» et du respect des droits de la personne dans ce pays. Le premier ministre canadien a été le seul des 20 chefs d'État et de gouvernement conviés à Manille à déclarer publiquement qu'il avait soulevé cette question avec le président Duterte.

Un porte-parole de «Human Rights Watch», Phelim Kline, a estimé jeudi que la décision de M. Trudeau de révéler publiquement le contenu de son entretien avec M. Duterte avait été «délibérée, stratégique et fondée sur les principes».

Depuis le début de cette guerre antidrogue, qui a fait des milliers de morts, «aucun leader étranger — incluant Donald Trump ou les autres dirigeants des pays de l'ANASE — ne peut raisonnablement prétendre qu'un ton conciliant poussera Duterte à mettre fin aux meurtres et à rendre des comptes», estime M. Kine.

«Ces approches donnent cyniquement aux leaders étrangers un vernis d'engagement sur le fond alors que dans les faits, elles confortent chez M. Duterte l'idée que la communauté internationale n'est pas sérieuse et que les meurtres peuvent continuer.»

On ignore précisément ce que M. Trudeau a dit au président philippin. Le porte-parole de M. Duterte, Harry Roque, a indiqué à des journalistes jeudi que lors de cette «très brève rencontre», le premier ministre avait simplement réaffirmé l'importance que le Canada accorde aux droits de la personne. «Je pense que vous avez constaté à quel point (le président Duterte) ne tolérera aucune ingérence étrangère dans ce qu'il considère comme des affaires strictement intérieures.»

Le président philippin est très sensible aux critiques sur sa guerre antidrogue: il avait qualifié le président américain Barack Obama d'«enfant de chienne» lorsque Washington avait critiqué cette campagne.

Les 10 pays de l'ANASE — qui regroupe des démocraties naissantes, des monarchies et des régimes autoritaires — ont convenu d'une règle de non-ingérence dans les affaires intérieures des autres membres.