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16/11/2017 10:17 EST | Actualisé 16/11/2017 15:07 EST

Groupe Yvon Michel nie avoir tenté de bloquer le combat Beterbiev-Kölling

MONTRÉAL — Artur Beterbiev prétend que Groupe Yvon Michel a tenté de faire bloquer la tenue de son combat de championnat du monde face à Enrico Kölling, mais Yvon Michel, le président de GYM, jure qu'il n'en est rien.

Selon Beterbiev, jeudi dernier, à quelque 72 heures du choc des mi-lourds pour la ceinture de l'Internationl Boxing Federation (IBF), son avocat l'a contacté pour lui indiquer que s'il ne mettait pas de côté 30 pour cent de la bourse estimée à 250 000 $ US pour la remettre à GYM, le promoteur intenterait des procédures judiciaires dans un tribunal de la Californie afin d'empêcher la tenue du combat.

En conflit contractuel avec GYM, Beterbiev a décidé de se plier à cette exigence afin que le combat ait toujours lieu. Il a ainsi placé 30 pour cent de sa bourse totale dans un compte en fidéicommis.

«J'étais fâché, mais j'ai tenté de porter toute mon attention sur le combat, de ne pas me laisser distraire par cette affaire, a déclaré Beterbiev par le truchement d'un traducteur. J'ai fait confiance à mon avocat.»

Lorsque rejoint par La Presse canadienne, Michel a nié avec véhémence ces allégations.

«S'ils ont dit ça, ils essaient d'induire les gens en erreur. C'est de mentir effrontément, a indiqué Michel. Dans notre contrat, nous avons une clause qui dit que s'il y a mise aux enchères et que nous ne sommes pas le promoteur d'un combat, il doit nous remettre 30 pour cent de sa bourse.

«Présentement, nous sommes en attente de savoir si notre entente va être validée ou pas par un juge. C'est seulement pour protéger nos droits. Notre avocat californien a envoyé une lettre aux avocats de Top Rank et à celui d'Artur pour leur demander de faire respecter cette clause, pas pour débattre de la validité ou non de notre contrat. On leur a demandé de mettre ce montant-là dans un compte en fidéicommis de façon volontaire, sinon nous aurions entamé des procédures en Californie afin de faire saisir cette somme, pas pour arrêter le combat. Nous, si Artur ne se bat pas, on a zéro.»

Jonathon Freund, l'avocat californien de GYM, a corroboré les déclarations de Michel.

«Tout ce que nous cherchions à faire, c'est de nous assurer que la part de la bourse inscrite à notre contrat soit mise de côté», a-t-il déclaré à La Presse canadienne.

Michel s'est empressé d'ajouter que si le tribunal tranche en faveur de Beterbiev, ce dernier pourra reprendre ce montant sans que GYM ne s'interpose. Qui plus est, GYM a accepté que cette somme soit placée dans un compte en fidéicommis géré par Karim Renno, l'avocat de Beterbiev, au lieu d'un compte en fidéicommis «neutre».

Me Renno a toutefois donné un autre son de cloche.

«J'ai le courriel de l'avocat américain qui nous dit que si on ne dépose pas le 30 pour cent, ils vont déposer une injonction en Californie. Maintenant, quelles auraient été les conclusions de leur injonction, je ne le sais pas. Ils ne nous ont pas fait parvenir une copie de la procédure qu'ils comptaient déposer. Allaient-ils seulement demander le 30 pour cent? J'en doute. Si c'était leur intention, c'est ce qu'ils auraient demandé. (...) Je pense que c'est réducteur de leur part de dire qu'ils ne souhaitaient que prendre leur 30 pour cent.»

Aux yeux de Me Renno, c'est clair: une injonction sert à stopper ou empêcher quelque chose, pas à récupérer des sommes d'argent.

Me Renno se demande aussi pourquoi avoir attendu à deux jours du combat si le but visé par GYM n'était que de faire valoir cette clause de bourse au contrat.

«Cela faisait des mois et des mois que ce combat avait été annoncé. Si c'était seulement pour que 30 pour cent de la bourse soit placée en fidéicommis, ils nous l'auraient dit avant.»

Décision au début 2018

Autant Michel que le clan Beterbiev souhaitent que ce conflit se règle rapidement. Jeudi, le clan Beterbiev a affirmé qu'une décision pourrait être rendue en janvier ou février prochain, ce qui plairait grandement à GYM.

Beterbiev, protégé de l'entraîneur Marc Ramsay, estime avoir rempli toutes ses conditions contractuelles envers GYM, mais le groupe croit que le boxeur d'origine russe est toujours lié à lui. Les deux parties ont rompu toute négociation et il n'y a aucune chance que ce conflit se règle hors cour.

Sur le ring, Beterbiev (12-0, 12 K.-O.) a battu Kölling (23-2, 6 K.-O.) par arrêt de l'arbitre à 2:33 du 12e et dernier round. GYM a été le promoteur des 11 premiers combats de la carrière professionnelle de Beterbiev.

Beterbiev et Ramsay sont en quelque sorte prisonniers de ces procédures et ne sont pas en mesure d'annoncer immédiatement quelle sera la suite des choses pour le boxeur. Ramsay a par contre commencé à établir une liste d'adversaires potentiels pour une première défense de titre.

Il n'est pas exclu que Beterbiev puisse obtenir à son prochain combat un duel d'unification avec l'un des trois autres champions de la division. Adonis Stevenson détient la ceinture du World Boxing Council; Dmitry Bivol est champion de la World Boxing Assocation; tandis que Sergey Kovalev et Vyacheslav Shabranskyy s'affronteront le 25 novembre pour le titre vacant de la World Boxing Organization.

«De mon point de vue, on n'a pas de limite, a indiqué Ramsay. Artur m'a demandé de lui amener les meilleurs disponibles.»

En ce qui a trait à son promoteur, si Beterbiev souhaite continuer à vivre à Montréal, il n'exclut pas de s'associer à un promoteur américain. Le scénario idéal pour lui serait de recevoir des offres de promoteurs locaux — au Québec, seul Eye of the Tiger Management ou InterBox, tous deux propriétés de Camille Estephan, auraient les moyens de s'offrir le nouveau champion du monde — et étrangers afin qu'il puisse choisir la meilleure entente.