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16/11/2017 08:59 EST

Donald Trump motive sa majorité au Congrès sur la baisse des impôts

La réforme de la fiscalité américaine promise par Donald Trump devrait franchir un premier cap jeudi avec un vote à la Chambre des représentants, où le président s'est rendu en personne pour sonner le rappel au sein de sa majorité.

Le président est hanté par l'échec de l'abrogation de la loi sur la santé de Barack Obama, en septembre, et entend engranger avec la fiscalité son premier grand succès au Congrès.

Pendant environ une demi-heure, le milliardaire a rencontré le groupe majoritaire de la Chambre à huis clos dans un sous-sol du Capitole, se montrant "très optimiste", selon des élus présents.

Paraphrasant son message, le parlementaire Don Bacon a dit à l'AFP que Donald Trump leur avait lancé, en substance: "c'est votre chance de passer de médiocre à excellent, à vous de jouer aujourd'hui".

Mais la victoire est encore loin d'être garantie, car une poignée de républicains menacent de faire défection de l'autre côté du Capitole, au Sénat... Le parti républicain, qui a tous les pouvoirs à Washington, joue sa crédibilité.

"Quelle tristesse si nous ne votons rien", a dit l'élu Scott Perry après la rencontre avec le président.

"Si on échoue, on est morts", a résumé sans détour le sénateur Lindsey Graham. "Ce sera probablement la fin du parti", a-t-il prédit sur Fox News.

L'objectif est d'adopter la refonte de la fiscalité avant la fin de l'année, afin que les Américains commencent 2018 avec un nouveau code des impôts.

Le vote de la Chambre, prévu vers 18H15 GMT, devrait réussir, selon plusieurs élus consultés jeudi matin.

La réforme baisserait l'impôt sur les sociétés de 35% à 20%, et réduirait également l'impôt sur le revenu des particuliers. Une grande simplification serait actée, avec la suppression de multiples déductions fiscales, et la promesse de pouvoir remplir sa déclaration sur "une carte postale", au lieu des logiciels payants ou des comptables auxquels la plupart des Américains ont actuellement recours.

La plupart des ménages verraient leurs impôts baisser, mais la majorité a dû arrêter de promettre que tout le monde en profiterait après la publication d'analyses détaillées: 7% des contribuables paieraient plus en 2018, et 24% en 2027, selon le Tax Policy Center.

- Le retour d'Obamacare -

La minorité démocrate est opposée à cette réforme et dénonce une réforme profitant largement aux riches et aux entreprises. Mais les démocrates ne peuvent à eux seuls barrer la route à ce texte.

Dans la majorité, il existe des dissensions sur les priorités de la réforme, trop favorable aux grandes entreprises pour certains, trop défavorable aux ménages propriétaires pour d'autres... Si un équilibre semble avoir été trouvé à la Chambre, les arbitrages ne sont pas fixés au Sénat, le véritable goulot d'étranglement du Congrès.

Les sénateurs discutent actuellement en commission, et voteront en plénière sur leur propre version de la loi après la fête de Thanksgiving, soit à partir du 27 novembre.

Avec 52 sièges sur 100, les sénateurs républicains ne peuvent se permettre plus de deux défections. Un, Ron Johnson, a déjà annoncé son opposition en l'état.

L'inclusion à la dernière minute d'un article détricotant un volet d'Obamacare (l'obligation universelle de souscrire une couverture maladie) pourrait pousser d'autres vers le non.

Les regards sont fixés sur les quelques sénateurs qui ont défié ces derniers mois le président Donald Trump, notamment Susan Collins, John McCain, Bob Corker et Jeff Flake - ces deux derniers ne craignant plus de représailles, car ils prendront leur retraite politique l'an prochain.

Si le Sénat adopte un texte, les deux chambres devront ensuite s'entendre sur un texte identique.

"Nous trouverons un terrain d'entente et nous lui enverrons une loi à promulguer avant Noël", assurait jeudi l'élu républicain Tom Cole.

ico/vog