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15/11/2017 03:04 EST | Actualisé 15/11/2017 07:23 EST

Zimbabwe: l'armée dit qu'il n'y a pas de prise de contrôle militaire

HARARE, Zimbabwe — Dans une déclaration écrite extraordinaire après plusieurs heures de turbulences ayant laissé croire à un coup contre Robert Mugabe, l'armée du Zimbabwe a cherché tôt mercredi à rassurer le pays sur le fait qu'il n'y avait «pas de prise de contrôle militaire». L'armée a ajouté que bien que le président est sain et sauf, les militaires ont dans leur mire des «criminels autour de lui» ayant semé le désespoir économique.

Le porte-parole de l'armée a dit s'attendre à un retour à la normale, «une fois la mission complétée».

Le président sud-africain Jacob Zuma a dit avoir parlé à M. Mugabe, qui se porte «bien», mais qui est confiné à sa résidence.

«Nous ciblons uniquement des criminels autour (de Mugabe) qui commettent des crimes causant des souffrances économiques et sociales dans le pays dans le but de les traduire en justice», a indiqué le porte-parole militaire.

Au moins trois explosions ont été entendues à Harare, la capitale du Zimbabwe, tôt mercredi, et des soldats à bord de blindés pouvaient être aperçus dans les rues de la capitale après que le commandant de l'armée eut menacé d'«intervenir» pour calmer les tensions politiques sur la succession du président Robert Mugabe. Le parti au pouvoir a accusé le commandant de «comportement de trahison».

Affaires mondiales Canada recommande aux Canadiens qui séjournent à Harare de rester à l’intérieur. En raison des conditions de sécurité inquiétantes, l'ambassade du Canada a été temporairement fermée. 

Plus tôt, l'ambassade des États-Unis avait fermé ses portes au public et a encouragé les citoyens à trouver refuge, soulignant «la situation politique incertaine». L'ambassade britannique a livré un avertissement similaire, faisant valoir «des signalements d'activités militaires inhabituelles».

La semaine dernière, M. Mugabe a licencié son vice-président, Emmerson Mnangagwa, l'accusant de planifier sa montée au pouvoir, notamment par la sorcellerie.

M. Mnangagwa, qui avait l'appui de l'armée et qui était perçu auparavant comme le dauphin de Robert Mugabe, a fui le pays, affirmant que lui et sa famille avaient été menacés.

Plus de 100 fonctionnaires qui apparemment le soutenaient ont été soumis à des mesures disciplinaires par une faction associée à la femme de Robert Mugabe, Grace.

La première dame, qui est de plus en plus présente dans le milieu politique, semble maintenant bien en selle pour remplacer son mari à une conférence spéciale du parti au pouvoir en décembre — ce qui amène plusieurs personnes à croire qu'elle pourrait bien succéder à son époux à la présidence. Elle est toutefois impopulaire auprès des Zimbabwéens.

Pour la première fois, le pays du sud de l'Afrique vit un affrontement ouvert entre l'armée et Robert Mugabe, le chef d'État le plus âgé au monde à 93 ans, qui avait toujours compté sur l'armée comme un pilier de son maintien au pouvoir depuis les années 1980.