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15/11/2017 07:29 EST

Macédoine: vers un poids accru de la langue albanaise

La langue albanaise aura un poids accru en Macédoine, approchant celui du macédonien, en vertu d'un texte de loi dont les députés de ce pays des Balkans ont entamé l'examen mercredi.

Pour l'heure, l'albanais est officiellement reconnu par l'administration et les institutions publiques seulement dans les communes où les Albanais sont majoritaires.

Mais selon les extraits rendus publics par les médias locaux, le texte prévoit l'extension de cette disposition à l'ensemble du territoire pour toute langue parlée par plus de 20% de la population du pays. Cela ne s'applique dans les faits qu'au macédonien et à l'albanais.

Ainsi, les documents officiels devraient être rédigés dans les deux langues. Autre exemple, les administrés parties prenantes dans une enquête judiciaire, auraient la possibilité qu'elle soit menée en albanais en plus du macédonien.

Les inscriptions sur la monnaie et l'armée devraient toutefois faire figure d'exception: le macédonien y resterait seul en vigueur.

Les Albanais de Macédoine représentent entre 20 et 25% des 2,1 millions d'habitants de ce pays peuplé en majorité de slaves macédoniens.

En 2001, un conflit avait opposé pendant six mois des rebelles albanais de Macédoine aux forces de Skopje faisant 100 à 200 morts.

Les accords d'Ohrid y avaient mis un terme et ont apporté aux Albanais davantage de droits, notamment l'utilisation de leur langue.

Mais ils se considèrent toujours en butte aux discriminations, notamment en termes d'investissements économiques, d'emplois publics et d'infrastructures.

Au printemps, les principaux partis albanais s'étaient alliés aux sociaux-démocrates (SDSM) pour évincer la droite nationaliste du pouvoir.

Cette placce accrue accordée à leur langue faisait partie de leurs demandes pour entrer dans cette coalition.

Le VMRO-DPMNE y a vu une atteinte à la souveraineté et à l'intégrité nationales et des manifestations ont été organisées. Mais ses adversaires y ont décelé une manoeuvre de l'ancien Premier ministre Nikola Gruevski pour s'accrocher au pouvoir.

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