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15/11/2017 05:53 EST

Le Venezuela obtient un répit financier de Moscou

Le Venezuela, déclaré en défaut partiel, a obtenu mercredi un répit financier de six ans de la part de son allié russe, qui assure vouloir favoriser le remboursement de la très lourde dette étranglant le gouvernement du président Nicolas Maduro.

Mis en difficultés par la chute des cours du pétrole et les sanctions américaines, sanctionné par les agences de notation, Caracas est acculé à restructurer une dette extérieure estimée à environ 150 milliards de dollars par certains experts, alors que sa population souffre déjà de graves pénuries d'aliments et de médicaments, faute d'argent pour les importer.

Marquant un premier mais relativement modeste pas dans cette direction, une délégation du gouvernement vénézuélien a signé un accord rééchelonnant un crédit russe de 3,15 milliards de dollars accordé en 2011 pour acheter des armements russes.

Selon le ministère russe des Finances, le document prévoit un nouveau calendrier de remboursement des échéances sur dix ans avec des versements "minimaux" pendant les six premières années.

"L'allègement de la charge de la dette (...) permettra d'utiliser les fonds libérés pour développer l'économie du pays, améliorera la solvabilité de l'emprunteur et augmentera les chances pour tous les créanciers de recouvrer les crédits déjà accordés", a expliqué le ministère dans un communiqué.

"Il s'agit de termes très favorables que le Venezuela peut honorer" et d'un accord qui va "satisfaire un ensemble de besoins du peuple vénézuélien", s'est félicité Wilmar Castro, ministre de l'Agriculture et vice-président en charge de l'économie, lors d'une conférence de presse.

"Cet accord marque un renforcement des relations entre les deux pays", a-t-il souligné: il illustre "la grande bataille du commandant Chavez, qui depuis le début de son gouvernement a proposé la construction d'un monde multipolaire, que le président Poutine a toujours soutenu".

- Sanctions -

Ce répit reste loin de répondre à l'ampleur des difficultés financières de Caracas, qui ne dispose plus que de 9,7 milliards de dollars de réserves et doit rembourser au moins 1,47 milliard d'ici fin 2017, puis 8 milliards en 2018.

Lundi et mardi, les agences de notation S&P Global Ratings puis Fitch ont décidé de placer le Venezuela en défaut partiel, constatant que son gouvernement n'avait pas réussi à payer, à l'issue du délai de grâce de 30 jours, des échéances sur sa dette extérieure.

Outre la chute des prix du pétrole, ces agences s'inquiètent des sanctions du gouvernement américain, qui interdit à ses citoyens et banques d'accepter tout accord des autorités vénézuéliennes, ce qui devrait compliquer et allonger les discussions avec les créanciers. Selon Caracas, 70% d'entre eux sont Nord-Américains (Etats-Unis et Canada).

Le pays, autrefois le plus riche d'Amérique latine, risque de se retrouver coupé des marchés, tout comme sa compagnie pétrolière PDVSA, et de devoir affronter des poursuites et la saisie d'actifs et de filiales à l'étranger.

Il est déjà sous pression de la communauté internationale, qui dénonce la radicalisation du président Maduro. Lundi, l'Union européenne lui a infligé des sanctions, dont un embargo sur les livraisons d'armes.

- Risques pour PDVSA -

"Nous sommes de bons payeurs malgré ce que disent les agences de notation", s'est défendu mardi le ministre de la Communication, Jorge Rodriguez. "On s'en fout, nous allons payer d'un commun accord avec les détenteurs de bons".

Pour la Chine, principal créancier de Caracas, les experts estiment les sommes en jeu à plusieurs dizaines de milliards de dollars mais Pékin a jugé mercredi que le Venezuela avait "la capacité de gérer de façon appropriée" ces difficultés financières.

Au delà de la restructuration déjà accordée, Moscou "n'a reçu aucune demande" de Caracas pour une aide supplémentaire, a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.

Outre les emprunts à des Etats, la dette vénézuélienne est surtout constituée de diverses échéances entre entreprises, dans une relative opacité, dont six milliards de dollars versés en avance par le pétrolier semi-public russe Rosneft à PDVSA qui ne sont pas concernées par l'accord signé mercredi.

S&P et Fitch ont également déclaré en défaut partiel PDVSA pour avoir tardé à régler deux échéances d'un montant total de deux milliards.

Ce fleuron pétrolier risque par ailleurs d'être désigné en défaut par l'instance réunissant les créanciers, l'ISDA, qui se réunit jeudi à New York après avoir renoncé à se prononcer mardi concernant le paiement de 1,161 milliard de dollars.

Redoutée depuis des semaines, l'annonce de défaut partiel du pays pourrait précéder un défaut général, en d'autres termes une incapacité totale de payer ses dettes.

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IHS INC.