NOUVELLES
15/11/2017 03:52 EST

Bélarus : le procès du Français incarcéré pour une munition reprendra vendredi

Le procès de Jolan Viaud, un jeune Français arrêté au Bélarus pour le transport d'une munition via la frontière avec l'Ukraine et incarcéré depuis presque deux mois, reprendra vendredi, a annoncé mercredi le tribunal de Gomel (sud-est).

Le tribunal n'a pas accédé aux demandes de l'avocat du jeune homme, Dmitri Petkevitch, qui avait demandé à ce qu'il soit libéré sous caution. Trois témoins doivent encore être entendus avant que le jugement soit rendu.

Joan Vilaud, qui voyageait à travers l'Europe et se rendait du Bélarus en Ukraine, est détenu depuis le 21 septembre et accusé de "transport illégal de munitions à travers la frontière". Il risque jusqu'à sept ans de prison.

"On m'a demandé de montrer ce que j'avais sur moi et de déclarer s'il y avait quelque chose d'interdit. J'ai tout de suite montré cette munition et dit que je ne savais pas si c'était interdit ou non. Un ami me l'a offert en souvenir à Varsovie (Pologne) en me disant que c'était une fausse", a déclaré le jeune homme de 24 ans mercredi pendant son procès.

Cette version a été confirmé par Andreï Kirtski, le douanier l'ayant arrêté. "Il a commencé par montrer la munition, qu'on n'aurait peut-être pas découverte sinon. Une personne qui veut cacher quelque chose ne l'aurait reconnu qu'au dernier moment. Il a violé la loi mais c'est un être humain, il n'avait pas de mauvaises intentions", a-t-il plaidé.

M. Kritski, qui décrit sa maîtrise de l'anglais comme étant "honteuse", a ajouté n'avoir pas compris que le jeune Français lui demandait si la munition était interdite ou non.

"Le procès prend une direction positive. (...) Il est clair que Jolan n'avait pas de mauvaises intentions", a déclaré à l'AFP Dmitri Petkevitch pendant le procès.

Pour justifier ces poursuites, le Comité d'enquête bélarusse avait indiqué dans un communiqué que "la balle était en état de marche et pouvait être utilisé comme munition", bien que le tribunal ait reconnu que le jeune homme ne pouvait faire la différence entre une vraie cartouche et une fausse.

"Mon frère n'est pas une mauvaise personne. C'est une erreur terrible. Il était seulement en train de voyager", a déclaré aux journalistes le frère du jeune homme, Guillaume Viaud, présent au procès.

Sa famille, qui a lancé un groupe de soutien pour alerter sur sa situation et recueillir des fonds pour les frais d'avocat, a dit espérer que le jeune Français puisse être libéré à l'issue du procès vendredi.

tk-tbm/pop/mct