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Yémen: L'OMS inquiet de ne plus pouvoir endiguer le choléra si le blocus continue

La lutte contre le choléra au Yémen risque de subir un "sérieux revers" si le blocus du pays se poursuit, a estimé vendredi l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), lors d'un point de presse à Genève.

"Nous avons fait des progrès (dans le traitement de l'épidémie) mais nous allons subir un sérieux revers si nous n'avons pas un accès total à toutes les zones touchées", a expliqué une porte-parole de l'OMS, Fadela Chaïb.

"Contrôler l'épidémie de choléra est un défi très difficile, et fermer les frontières ainsi que tous les accès au pays ne va pas aider, c'est pourquoi nous appelons les Saoudiens et toutes les parties présentes dans ce conflit à réfléchir au fait que le choléra fait toujours rage dans le pays", a-t-elle insisté.

Entre le 27 avril et le 8 novembre 2017, l'OMS a enregistré 913.741 cas suspects de choléra et 2.196 décès liés à cette maladie, même si le nombre de cas est en diminution depuis plusieurs semaines.

En raison du blocus, les ressources de l'OMS sur place deviennent "critiques" et mercredi, l'organisation n'a pas pu "livrer 250 tonnes de matériel médical par la mer" car "le bateau qui devait normalement partir de Djibouti n'a pu le faire en raison de la fermeture du port yéménite d'Al-Hudayah", a par ailleurs souligné Mme Chaïb.

En téléconférence lors de ce point de presse, la responsable de l'Unicef au Yémen, Meritxell Relano, a de son côté indiqué que les réserves d'essence dans le pays, si le blocus se poursuit, "ne vont durer que jusqu'à la fin novembre et nous avons besoin de l'essence pour maintenir ouverts les centres de soins et le système d'approvisionnement en eau".

"Si l'on n'apporte pas de l'essence immédiatement, cela va par exemple affecter l'assainissement de l'eau actuellement mis en place par l'Unicef pour lutter contre le choléra, et cela peut avoir un impact sur près de 6 millions de personnes vivant dans des districts à haut risque de choléra", a-t-elle précisé.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a demandé mercredi à la coalition arabe dirigée par l'Arabie saoudite au Yémen de mettre fin au blocus imposé depuis lundi à ce pays, menacé de la "plus grande famine" des dernières décennies.

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