NOUVELLES
06/11/2017 06:28 EST

Yémen: l'Iran rejette les "accusations irresponsables" de Ryad

L'Iran a rejeté lundi les accusations de l'Arabie saoudite incriminant Téhéran pour un missile tiré vers la capitale saoudienne par les rebelles au Yémen, et accusé en retour Ryad de commettre des "crimes de guerre" dans ce pays.

Dans un communiqué, le porte-parole de la diplomatie à Téhéran, Bahram Ghassemi, a qualifié les accusations de la coalition arabe dirigée par l'Arabie saoudite d'"injustes, d'irresponsables, de destructrices et de provocatrices".

L'Arabie saoudite a annoncé samedi soir avoir intercepté et détruit au dessus de l'aéroport international de Ryad, un "missile balistique" tiré à partir du Yémen voisin en guerre.

Lundi, la coalition militaire arabe intervenant au Yémen sous commandement saoudien a fermé toutes les frontières de ce pays en accusant l'Iran d'être derrière ce tir de missile des rebelles Houthis, jugeant que celui-ci "pourrait équivaloir à un acte de guerre".

M. Ghassemi a vu dans le tir de missile une réaction des Houthis "aux crimes de guerre et à plusieurs années d'agression des Saoudiens".

Il s'agit d'"une action indépendante en réaction à cette agression", et Téhéran n'a rien à voir là-dedans, a-t-il ajouté.

L'Arabie saoudite "réduit le Yémen en miettes par ses bombardements qui tuent des milliers d'innocents, dont des bébés, et répandent le choléra et la famine, mais accuse bien sûr l'Iran", a écrit sur son compte Twitter le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif.

M. Zarif ajoute dans un autre message: le royaume saoudien "mène des guerres d'agression, tyrannise la région, a un comportement déstabilisant, provocateur et risqué. Il tient l'Iran responsable des conséquences de ses propres actes".

Cité par la presse iranienne, le général Mohammad Ali Jafari, chef des Gardiens de la révolution, a affirmé de son côté que son pays n'avait "pas la possibilité d'envoyer des missiles" au Yémen.

Ces missiles "appartiennent" aux Houthis et à leurs alliés, qui "ont augmenté leur portée pour venger le sang de leurs martyrs", a dit le chef de cette armée d'élite de la République islamique, qui contrôle le programme balistique iranien.

Selon l'agence semi-officielle iranienne Isna, la commission de la surveillance de la presse, qui dépend du pouvoir, a donné un avertissement au quotidien iranien Kayhan (conservateur) pour avoir titré lundi: "Tir de missile du Ansar Allah (rebelles Houthis) contre Ryad, la prochaine cible, sera Dubaï".

La Commission a jugé ce titre "contraire à l'intérêt et à la sécurité nationale" de l'Iran, indique Isna.

Ryad a rompu ses relations diplomatiques avec Téhéran en janvier 2016 après le saccage de son ambassade dans la capitale iranienne par des manifestants protestant contre l'exécution d'un dignitaire chiite en Arabie saoudite.

sgh-mj/tp