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06/11/2017 13:13 EST

Trump attendu à Séoul pour l'étape sensible de son marathon asiatique

Le président américain Donald Trump est attendu mardi à Séoul, deuxième étape sensible de sa première tournée asiatique, après avoir réaffirmé lundi au Japon que le temps de la "patience stratégique" face à Pyongyang était révolu.

Le dossier nucléaire nord-coréen était déjà au coeur de l'escale japonaise de son marathon asiatique, au moment où les tensions sont au plus haut sur la péninsule divisée.

En cause l'intensification des programmes militaires de Pyongyang, qui a réalisé en septembre son sixième essai nucléaire -le plus puissant à ce jour- et testé plusieurs missiles potentiellement susceptibles d'atteindre le territoire américain.

Le climat s'est également dégradé du fait de la surenchère verbale et des échanges d'insultes entre le président américain et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un.

"Les essais nucléaires illégaux et les tirs de missiles balistiques scandaleux (...) sont une menace pour la paix internationale et la stabilité", a martelé lundi M. Trump lors d'une conférence de presse commune avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe, qui a de son côté réaffirmé son soutien sans réserve à l'approche américaine.

"L'heure de la patience stratégique est révolue", a lancé Donald Trump, en référence à la doctrine de son prédécesseur démocrate Barack Obama.

Après un dimanche détendu et agrémenté d'une partie de golf avec M. Abe, M. Trump a aussi rencontré lundi, avec son épouse Melania, l'empereur et l'impératrice, ne tarissant pas d'éloge sur la qualité des liens avec l'archipel.

- Moins chaleureux avec Moon -

Les relations personnelles entre le bouillant président américain sont loin d'être aussi chaleureuses avec son homologue sud-coréen Moon Jae-In.

Alors qu'il a été en contact régulier avec M. Abe tout au long des épisodes d'essais de missiles par la Corée du Nord, il n'avait pas parlé à M. Moon pendant plus de 24 heures après un second test de missile balistique intercontinental de Pyongyang en juillet.

Les analystes mettent cette distance sur le compte de l'approche du président sud-coréen de centre-gauche qui prône une forme de dialogue avec le voisin du Nord.

Dans un tweet début septembre, M. Trump avait reproché à M. Moon de défendre une politique "d'apaisement" vouée à l'échec.

Une pique qui avait été mal perçue à Séoul, en ce qu'elle assimilait M. Moon à un Neville Chamberlain des temps modernes, en référence à l'artisan de la politique britannique d'apaisement vis-à-vis d'Adolf Hitler à la fin des années 1930.

Moon Jae-In a demandé aux Etats-Unis qu'aucune intervention militaire contre Pyongyang ne se fasse sans le consentement de Séoul, la capitale sud-coréenne qui se trouve à portée de l'artillerie nord-coréenne.

La Corée du Sud n'en déroulera pas moins le tapis rouge pour M. Trump. L'enjeu, pour Séoul, sera d'obtenir des assurances sur la solidité de l'alliance bilatérale.

- 'Homme-fusée' -

De son côté, la population sud-coréenne est divisée face à Donald Trump, qui est l'objet de manifestations de sympathie et de défiance depuis ce week-end à Séoul.

De l'autre côté de la Zone démilitarisée (DMZ), située à quelques dizaines de kilomètres seulement de Séoul, la Corée du Nord a d'ores et déjà donné le ton: Par la voix du journal du parti unique, le Rodong Sinmun, elle a qualifié M. Trump de "vieil homme fou de la Maison Blanche".

Le président américain fera d'abord étape au Camp Humphreys, QG des 28.500 militaires américains stationnées dans le pays, à environ 90 km au sud de la capitale.

Il participera ensuite à la Maison bleue, siège de la présidence sud-coréenne, à un sommet avec M. Moon avant un dîner d'Etat.

Il s'exprimera mercredi devant les parlementaires sud-coréens mais fera l'impasse sur la visite de la DMZ, pourtant un passage -quasi- obligé de tous les présidents américains.

Depuis la visite de Ronald Reagan sur place en 1983, seul George H.W. Bush n'a pas effectué ce déplacement qui donne toujours lieu à des images fortes.

Dans un contexte particulièrement tendu de part et d'autre de cette DMZ qui porte mal son nom, la parole de l'impulsif président américain -qui avait qualifié Kim Jong-Un d'"homme-fusée"- est attendue avec inquiétude par certains experts.

"Si Trump dit quoi que ce soit de provocant contre la Corée du Nord, cela pourrait entraîner un regain de tensions militaires", avertit Koo Kab-Woo, de l'Université des études nord-coréennes de Séoul.

slb/jac/gde