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06/11/2017 10:18 EST

Pologne juge "inacceptables" les propos de la ministre allemande de la Défense

Le ministère polonais de la Défense a qualifié lundi d'"inacceptables" des déclarations récentes de la ministre allemande de la Défense, l'accusant d'appeler les Polonais à des actions anti-gouvernementales, alors que Berlin n'y voit que des propos sortis de leur contexte.

"Le ministère polonais de la Défense juge inacceptable que le ministre d'un pays membre de l'Alliance atlantique appelle les citoyens d'un autre Etat à des actions anti-gouverementales, et les approuve", a déclaré à la presse sa porte-parole Anna Peziol-Wojtowicz, après que le ministère eut reçu l'attaché militaire allemand, convoqué à ce sujet.

Le ministère a jugé les explications de l'attaché "irrecevables", a-t-elle encore déclaré.

Lors d'une émission de la télévision publique ZDF, Ursula von der Leyen avait loué, jeudi, les efforts de la Pologne et des pays baltes dans leur lutte pour l'indépendance et dans leur volonté de rejoindre l'Union européenne et a appelé à ne pas laisser les pays de cette région à l'écart de l'évolution de l'Union européenne.

Indiquant que ses enfants avaient étudié en Pologne récemment, elle a déclaré "qu'il fallait soutenir la résistance saine et démocratique de la jeune génération en Pologne". C'est cette phrase qui a provoqué l'émoi à Varsovie.

Réagissant aux protestations de Varsovie, le porte-parole du ministère allemand de la Défense a indiqué qu'il avait "une forte impression que les déclarations qui ont fait sensation en Pologne durant le week-end ont été tirées de leur contexte et également partiellement changées dans les médias sociaux".

Le chef de la diplomatie polonaise Witold Waszczykowski a apparemment cherché à minimiser l'affaire lundi soir, déclarant que Varsovie "ne souhaitait pas en faire un grand débat politique".

L'incident s'inscrit dans le contexte de tensions entre la Pologne d'une part, l'UE et l'Allemagne d'autre part, tensions accrues après les récentes déclarations d'Angela Merkel, qui avait déclaré qu'elle ne pouvait "se taire" sur les atteintes à l'Etat de droit en Pologne, objet de critiques de la Commission européenne.

Le parti conservateur au pouvoir en Pologne a relancé récemment la question des réparations de guerre allemandes, considérée comme close depuis des années.

bo/via/lpt