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06/11/2017 05:05 EST

Elections siciliennes : la droite en tête mais l'incertitude demeure

La coalition de droite emmenée par l'éternel Silvio Berlusconi comptait lundi un léger avantage devant les populistes du Mouvement 5 Etoiles (M5S) au lendemain des élections régionales en Sicile, mais la lenteur du dépouillement maintenait l'incertitude.

A quelques mois d'élections législatives prévues début 2018, le scrutin pourrait représenter une déception pour le M5S, qui ambitionnait de remporter sa première région, et constitue déjà clairement un sérieux revers pour le centre gauche au pouvoir.

Il semble en revanche consacrer l'énième retour sur la scène politique italienne de Silvio Berlusconi, ancien chef du gouvernement et véritable sphinx de la vie politique dans la péninsule, à 81 ans révolus.

Selon une projection de l'institut EMG pour la chaîne de télévision privée La7, Nello Musumeci, soutenu par Silvio Berlusconi (Forza Italia, centre droit) et Matteo Salvini (Ligue du Nord, extrême droite), obtiendrait 39,8% des votes contre 35,1% au candidat du M5S Giancarlo Cancelleri.

L'institut Piepoli et Noto Sondaggi, pour la chaîne publique RAI, créditent pour leur part M. Musumeci de 38%, contre 36% à son adversaire du M5S.

Les résultats officiels, encore très partiels avec des données de moins d'un tiers des bureaux de vote, donnaient une image similaire du rapport de forces, avec un écart suffisamment faible pour que les deux candidats gardent le silence.

Giorgia Meloni, présidente de Fratelli d'Italia (extrême droite), l'un des petits partis de la coalition de droite, a cependant assuré en début d'après-midi : "La victoire de Nello Musumeci semble assez claire".

Les deux projections confirment également que Fabrizio Micari, candidat du Parti démocrate (PD, au pouvoir) de Matteo Renzi, a réussi à limiter les dégâts par rapport à son adversaire à gauche Claudio Fava, avec environ 20% des voix pour le premier contre moins de 10% pour le second.

Le scrutin de dimanche représentait le dernier test grandeur nature - 4,5 millions d'électeurs - avant les législatives qui devraient se dérouler entre février et avril prochain.

Après avoir pris Rome et Turin l'année dernière, le M5S, né en 2009, espérait remporter sa première région et faire de ce scrutin un tremplin pour les législatives.

Lundi, le M5S assurait cependant qu'il resterait "le vainqueur moral" du scrutin, dans la mesure où il a remporté plus de voix que n'importe quel autre parti pris individuellement.

- Défaite de la gauche -

La gauche, qui dirigeait la région depuis 2012, a pour sa part enregistré un sérieux revers.

"En attendant les chiffres définitifs, nous ne pouvons que reconnaître une vraie défaite. J'espère que ce résultat pourra entraîner une réflexion dans la gauche sur la nécessité de trouver l'unité", a commenté le secrétaire régional du PD, Fausto Raciti.

C'est en effet l'unité qui a porté la droite. Pour Giovanni Toti, gouverneur de la Ligurie (nord-ouest) et conseiller de M. Berlusconi, la Sicile "a écrit un beau chapitre nouveau pour la droite unie".

Et si les résultats siciliens devraient aider MM. Berlusconi et Salvini à surmonter des divergences politiques croissantes pour se présenter unis aux législatives, ils risquent d'accentuer les fractures au sein du centre gauche.

"Les résultats siciliens étaient largement prévisibles, ce qui n'enlève rien à leur caractère dramatique", a commenté Michele Emiliano, gouverneur de la Pouilles et l'un des chefs de file de l'opposition interne au PD.

"Sans un changement radical et sans la prise de conscience des erreurs commises ces dernières années par le groupe de dirigeants proches de Matteo Renzi (actuel chef du PD), ce qui s'est produit en Sicile risque de se reproduire au niveau national", a prévenu Roberto Speranza, un des leaders de l'opposition de gauche, qui a fait scission du PD.

Le chef de file M5S pour les législatives, Luigi Di Maio, a annulé lundi son premier débat télévisé avec M. Renzi, prévu mardi soir, estimant que le PD n'avait "plus de leader".

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