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06/11/2017 07:41 EST

Dictature argentine: pourvoi en cassation en France d'un tortionnaire présumé

Mario Sandoval, un ex-policier mis en cause dans la disparition d'un étudiant pendant la dictature argentine, s'est pourvu en cassation après que la justice française a émis un avis favorable à son extradition, a indiqué lundi son avocat.

"Je vous confirme que M. Sandoval s'est pourvu en cassation", a confirmé Me Bertrand Lampidès, interrogé par l'AFP.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles, à l'ouest de Paris, avait rendu le 19 octobre un avis favorable à l'extradition vers l'Argentine de l'ex-fonctionnaire de police, réclamée par Buenos Aires depuis 2012.

L'Argentine le soupçonne d'être mêlé à l'enlèvement et la disparition le 30 octobre 1976 d'Hernan Abriata, étudiant en architecture qui fut détenu à l'École de mécanique de la marine. Quelque 5.000 personnes passées par ce centre de torture tristement célèbre de la dictature argentine (1976-1983) ont disparu, souvent jetées depuis des avions dans le Rio de la Plata.

Si l'Argentine soupçonne M. Sandoval d'avoir participé durant cette période à plus de 500 faits de meurtres, tortures et séquestrations, le dossier Abriata est le seul sur lequel elle s'appuie pour demander son extradition car elle dispose d'une dizaine de dépositions l'impliquant. La chambre de l'instruction s'est donc elle aussi appuyée sur ce seul dossier pour rendre son avis favorable.

En mai 2014, la cour d'appel de Paris avait émis un premier avis favorable à l'extradition. Mais en février 2015, la Cour de cassation avait refusé de donner son feu vert pour un motif lié à la prescription des faits.

La chambre de l'instruction de cour d'appel de Versailles avait alors été désignée pour se prononcer de nouveau sur cette question.

Me Bertrand Lampidès avait précisé en octobre que le débat devant la Cour de cassation porterait "à nouveau sur la prescription".

Exilé en France après la chute de la junte, cet homme aujourd'hui âgé de 64 ans a obtenu la nationalité française en 1997, ce qui n'empêche pas son extradition car il n'était pas français à l'époque des faits.

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