NOUVELLES
06/11/2017 03:57 EST

Afghanistan: 7 gardes du corps du vice-président Dostum condamnés pour agression sexuelle

Sept gardes du corps du vice-président afghan Abdul Rashid Dostum ont été condamnés à cinq ans de prison pour agression sexuelle et détention illégale d'un de ses adversaires politiques, a-t-on appris lundi de source judiciaire.

Dostum, un chef de guerre d'ethnie ouzbèke, à qui de multiples atteintes aux droits de l'Homme ont été attribuées par le passé en Afghanistan, a fui en Turquie en mai après avoir été accusé du viol et d'actes de torture en 2016 sur Ahmad Ishchi, un ancien gouverneur de la province de Jowzjan (nord).

Lui ont notamment été reprochés l'enlèvement d'Ishchi à Jowzjan, sa détention pendant plusieurs jours dans l'une de ses résidences, où l'ex-gouverneur a affirmé avoir été torturé et violé. Dostum, toujours à l'étranger, officiellement pour raisons médicales et familiales, a nié ces accusations.

Sept de ses gardes du corps ont été déclarés coupables mercredi dans cette affaire, mais n'ont pas encore été incarcérés, a déclaré à l'AFP un membre de la Cour suprême afghane, qui a requis l'anonymat.

"Chacun d'entre eux sera emprisonné pendant cinq ans. Ils ne le sont pas encore, mais ils seront bientôt arrêtés", a-t-il poursuivi.

Les sept gardes du corps, absents à l'énoncé du verdict, sont actuellement à Jowzjan, a indiqué Ahmad Ishchi à l'AFP, pour qui leur condamnation est "un pas dans la bonne direction", mais qui s'est dit "insatisfait" de la peine de prison qu'ils devront effectuer.

"Les vrais coupables sont Dostum et ses hommes", a-t-il affirmé.

Le porte-parole du vice-président afghan n'a pu être joint par l'AFP, pas plus que ses proches.

L'absence de poursuites dans ce dossier contre Dostum, jamais inquiété malgré de multiples accusations d'abus en tous genres depuis des décennies, souligne l'impunité des chefs de guerre en Afghanistan, estiment de nombreux observateurs.

"Qui a donné l'ordre ? Qui devrait être tenu responsable ?", s'est interrogée Patricia Gossman, une chercheuse travaillant pour l'ONG Human Rights Watch, interrogée par l'AFP. "Le gouvernement est désireux de se débarrasser de cette affaire", a-t-elle ajouté.

Dostum a été invité en 2014 à rejoindre le gouvernement d'unité nationale par le président Ashraf Ghani, qui souhaitait ainsi s'attirer les sympathies des Ouzbeks d'Afghanistan.

mam-us-amj/jf/ahe/sg