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29/10/2017 08:43 EDT | Actualisé 29/10/2017 13:01 EDT

Les électeurs du Nunavut appelés aux urnes lundi

IQALUIT, Nunavut — Pas moins de 72 candidats surveilleront les résultats de l'élection au Nunavut lundi, mais le premier ministre sortant ne comptera pas parmi eux.

Peter Taptuna est devenu le premier dirigeant de l'histoire de ce jeune territoire à ne pas briguer un second mandat.

«Je suis à 2 300 kilomètres de chez moi», explique celui qui met deux jours pour se rendre à Kugluktuk à partir de la capitale, Iqaluit.

«Notre quarantième anniversaire approche en janvier, et ma femme et moi avons décidé qu'il y a beaucoup, beaucoup de choses que nous voulons faire en tant que couple», a-t-il poursuivi.

Peu importe qui lui succèdera, M. Taptuna dit avoir une bonne idée des défis qui attendent le prochain gouvernement.

«L'infrastructure», martèle-t-il.

Des ports, des routes, un accès décent à l'Internet — tous des projets qui devraient faciliter l'entrepreneuriat et l'exploitation des ressources naturelles au Nunavut.

M. Taptuna estime que l'infrastructure générera des revenus «pour tous les ordres de gouvernement» et permettra de financer le reste du développement dont le territoire a si cruellement besoin.

Des ports sont actuellement en voie de construction à Iqaluit et à Pond Inlet, tandis que l'aéroport de la capitale se fait rebâtir. Mais il en faut plus.

Une route et un port le long de la côte Arctique, un lien entre le Manitoba et les communautés de la baie d'Hudson, une autoroute reliant Yellowknife à la côte du Nunavut — tous des projets qui débloqueraient des milliards de dollars, plaide le gouvernement.

À de nombreux égards, M. Taptuna cède les rênes d'un territoire en meilleure forme.

Le budget est équilibré, trois mines sont présentement exploitées et le groupe de réflexion canadien Conference Board prévoit une croissance de 4,9 pour cent pour le Nunavut cette année, ce qui dépasse la moyenne de l'ensemble du pays.

Le gouvernement de M. Taptuna a aussi légiféré sur l'inuktitut pour s'assurer que les services soient dispensés dans la langue la plus parlée.

Toutefois, de vieux problèmes persistent. Il manque quelque 3000 logements et le surpeuplement est l'une des explications pour un taux de tuberculose 50 fois plus élevé qu'au sud.

Le suicide constitue également une épidémie. M. Taptuna a déclaré une situation de crise et nommé un haut fonctionnaire pour superviser la nouvelle stratégie de prévention du suicide, qui se concentre notamment sur les réseaux sociaux.

Le système d'éducation demeure coincé entre l'anglais et l'inuktitut, formant des diplômés qui, selon certains, ne fonctionnent dans aucune des deux langues.

Le prochain premier ministre héritera également des négociations ardues avec Ottawa à propos de la taxe sur le carbone, que M. Taptuna juge injuste pour les Canadiens du nord.

Le Nunavut, tout comme dans les Territoires-du-Nord-Ouest, fonctionne selon un gouvernement de consensus, sans formations politiques. Le premier ministre et son cabinet seront donc sélectionnés par les 22 élus en leur sein.

M. Taptuna souligne que le prochain gouvernement héritera d'un territoire qui demeure malgré tout fier et vibrant sur le plan culturel.