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26/10/2017 03:56 EDT | Actualisé 26/10/2017 04:20 EDT

Un an de contestation dans le nord du Maroc

Voici un récit chronologique du mouvement de contestation né dans la région du Rif, dans le nord du Maroc, il y a un an.

- Mort atroce -

- 28 octobre 2016: Mouhcine Fikri, 31 ans, décède, écrasé dans une benne à ordures à Al-Hoceima, dans la région du Rif. Il tentait de récupérer sa marchandise confisquée par la police.

Les circonstances effroyables de sa mort choquent la population. Le roi Mohammed VI ordonne une enquête "minutieuse".

Une vague de manifestations populaires se déroulent en novembre et décembre dans le Nord, mais aussi à Rabat et Casablanca, pour protester contre "l'arbitraire" et exiger justice.

- Echauffourées et 'séisme social'-

- 5 janvier 2017: Les forces de l'ordre interviennent pour disperser un sit-in à Al-Hoceima. Le 5 février, des échauffourées y opposent manifestants et forces de l'ordre, faisant près d'une trentaine de blessés parmi les policiers.

- 26 mars: Des manifestants attaquent à coups de pierres une résidence de la police vers Imzouren, voisine d'Al-Hoceima, et mettent le feu aux abords du bâtiment. Début avril, le ministre de l'Intérieur se rend sur place et promet la mise en oeuvre de projets de développement régionaux. Le 28, le gouverneur de la province est limogé.

- 27 avril: Des peines de 5 à 8 mois de prison ferme sont prononcées contre sept accusés jugés en lien avec la mort du vendeur de poisson, quatre sont acquittés.

Début mai, l'indignation populaire tourne au "séisme social", selon la presse locale.

- Arrestation du leader -

- 26 mai: Nasser Zefzafi qui s'est imposé comme le meneur du mouvement de contestation baptisé "Hirak" (la mouvance), interrompt le prêche d'un imam à Al-Hoceïma, puis échappe à des policiers venus l'interpeller.

- 29 mai: Zefzafi est interpellé dans le cadre d'une enquête pour "atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat".

- 26-28 juin: Près de 80 policiers sont blessés dans des heurts avec des manifestants à Al-Hoceïma et Imzouren.

- 4 juillet: Les forces de l'ordre entament un retrait "progressif" des lieux publics symboliques à Al-Hoceïma.

- 20 juillet: un grand rassemblement interdit à Al-Hoceïma marque le point culminant des troubles.

- 29 juillet: Le roi gracie 40 détenus du "Hirak" et pointe dans un discours les "dysfonctionnements" en matière de "gouvernance, d'efficience ou de qualité des prestations offertes aux citoyens".

- 3 août: Le chef du gouvernement annonce un plan d'action pour "corriger les irrégularités en matière de gestion de la chose publique". Le nombre d'arrestations liées au troubles varient entre 200 et 300, selon les sources.

- Condamnations et limogeages-

- 29 août: Des peines allant d'un à vingt ans de prison ferme sont prononcées contre neuf activistes du "Hirak".

- 12 septembre: la Cour d'appel de Casablanca commence à juger un premier groupe de 21 militants et meneurs transférés à la prison locale, certains en grève de la faim pour protester contre leur condition de détention. Les audiences seront renvoyées par trois fois, toutes les demandes de mise en liberté rejetées.

- 13 octobre: le roi appelle à "un nouveau mode de développement" et demande des "solutions innovantes et audacieuses" dans ce que la presse locale appelle "le discours du séisme politique".

- 24 octobre: Nasser Zefzafi comparaît brièvement devant la Cour d'appel de Casablanca, avec 31 autres prévenus. L'audience est renvoyée au 31 octobre.

Le même jour, le roi limoge plusieurs hauts responsables dont trois ministres en exercice, et prononce des sanctions contre trois ministres du précédent gouvernement, en lien avec les "dysfonctionnements" et "retards" du programme de développement d'Al-Hoceïma, lancé en 2015 avec une enveloppe de 600 millions d'euros.

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