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26/10/2017 05:37 EDT | Actualisé 26/10/2017 06:00 EDT

Tueurs du Brabant: nouvelles fouilles dans un canal belge trente ans après

Des fouilles ont été effectuées jeudi en Belgique dans le cadre de l'enquête sur les tueries du Brabant, dans une portion de canal déjà inspectée dans les années 80, après la relance de la piste dite des ex-gendarmes qui auraient tenté de déstabiliser l'Etat belge.

Il s'agit du canal reliant Bruxelles à Charleroi (sud de la Belgique). La zone impliquée est située à Ittre, à une trentaine de km au sud de la capitale, selon des images de télévision montrant des plongeurs à l'oeuvre.

Les recherches ont été décidées après la découverte récente dans l'eau, par des jeunes gens munis d'un détecteur de métaux, de deux armes à feu et d'une boîte de munitions portant l'inscription "gendarmerie", ont expliqué jeudi à la presse les deux procureurs dirigeant l'enquête.

L'affaire des "Tueurs du Brabant", jamais résolue, concerne une série de braquages de supermarchés et de petits commerces qui avait fait au total 28 morts dans le centre du pays entre 1982 et 1985.

La piste dite de l'"ex-gendarmerie" (un corps aujourd'hui fusionné avec la police) a été ravivée il y a quelques jours avec la révélation du témoignage du frère d'un ancien gendarme d'Alost, en Flandre.

Ce dernier, Christiaan Bonkoffsky, aurait confié à son frère et à d'autres proches, peu avant de mourir en 2015, avoir participé aux tueries. Il avait fait partie à la fin des années 70 du "Groupe Diane", unité d'élite de la gendarmerie, dont plusieurs membres étaient réputés proches de l'extrême droite.

Les dernières découvertes, dans ce secteur de canal où les tueurs avaient déjà abandonné du matériel en 1985 (notamment un gilet pare-balles sur lequel a été identifié un profil ADN), semblent conforter la piste de tueries organisées par des gendarmes ou ex-gendarmes possiblement liés à l'extrême droite.

Certes "la piste a été relancée" et les munitions trouvées datent "apparemment des années 80", a déclaré jeudi Ignacio de la Serna, procureur général de Mons (sud).

Mais, a-t-il enchaîné, "je veux être très prudent tant qu'on n'a pas un rapport d'expertise en bonne et due forme, précis".

La découverte a été faite en mai-juin par trois jeunes gens ayant comme "hobby" d'explorer le canal.

C'est en regardant mardi une émission de télévision consacrée à l'affaire qu'ils ont eu le réflexe d'appeler le numéro vert proposé pour recueillir tout témoignage ou information susceptible de faire avancer l'enquête.

mad/agr/pg