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26/10/2017 07:17 EDT | Actualisé 26/10/2017 07:20 EDT

Pakistan : près de 300 Turcs menacés d'expulsion (ONG)

Près de 300 Turcs installés au Pakistan, des enseignants et leurs familles, sont menacés d'expulsion vers la Turquie où ils risquent de mauvais traitements, se sont inquiétées jeudi deux organisations de défense de droits de l'Homme.

Le réseau d'écoles privées PakTurk, où travaillent ces professeurs dont certains ont demandé asile au Pakistan, est considéré comme indirectement lié au réseau Hizmet du prédicateur Fethullah Gülen, dans le collimateur d'Ankara qui l'accuse d'avoir fomenté la tentative de coup d'Etat de juillet 2016.

En novembre 2016, peu avant une visite du président turc Recep Tayyip Erdogan au Pakistan, Islamabad avait annoncé l'expulsion à courte échéance d'une centaine d'enseignants et cadres avec leurs proches, environ 450 personnes au total. Plusieurs dizaines d'entre eux avaient finalement été expulsés.

Fin septembre, l'ancien responsable des écoles Pak-Turk, Mesut Kacmaz, a été kidnappé avec sa femme et ses deux enfants, puis "rapatrié de force" mi-octobre dans un avion du gouvernement turc, ont dénoncé la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) et la Commission pour les droits de l'Homme au Pakistan (CDHP) dans un communiqué commun.

Les 285 Turcs concernés vivent désormais "dans la terreur", inquiets que la police pakistanaise ait établi "des listes pour les pourchasser", a déploré Nicanor Haon, chargé de mission à la FIDH, interrogé par l'AFP.

"Le Pakistan n'a pas le droit de renvoyer des gens dans un pays où ils risquent des mauvais traitements", a-t-il souligné. Parmi les personnes concernées, certaines ont en outre demandé l'asile au Pakistan, ce qui engendre "une obligation de non-refoulement" par Islamabad "jusqu'à ce que leur dossier soit traité", selon M. Haon.

Le Pakistan "passe outre ses obligations internationales simplement pour complaire au gouvernement turc", a regretté Mehdi Hasan, à la tête du CDHP.

Les disparitions forcées ont été extrêmement fréquentes au Pakistan ces dernières décennies, mais elles se produisaient généralement dans les régions en conflit, proches de la frontière afghane ou dans la province du Balouchistan.

jf/mra