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26/10/2017 06:37 EDT | Actualisé 26/10/2017 07:00 EDT

La Grèce appelle au respect de la "vision" chinoise des droits de l'homme

Le ministre grec des Affaires Étrangères, Nikos Kotzias, a appelé jeudi au "respect" de la "vision" chinoise des droits de l'homme, tout en niant que son pays ait bloqué par intérêt économique des condamnations de la Chine par l'UE.

"Je respecte (le fait) que les Chinois aient une vision différente sur les droits de l'homme", a affirmé le ministre au cours d'une conférence de presse.

"Pour l'Occident, les droits de l'homme ont une valeur générale, mais d'autres ont un autre avis, nous devons le respecter (...) tous ne croient pas ce que nous croyons", a-t-il ajouté.

Il était interrogé sur la complaisance présumée de son pays envers Pékin, sur fond d'investissements chinois en Grèce. En juin, Athènes avait bloqué un communiqué européen dénonçant les violations des droits de l'homme en Chine, à l'occasion d'une session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

La Grèce avait aussi en 2016 contribué à empêcher une condamnation par l'UE de l'agressivité chinoise en matière territoriale dans la mer de Chine.

Dans le premier cas, accuser la Grèce d'arrière-pensées économiques est "hypocrite", le pays ne représentant que 0,7% des investissements chinois dans l'UE, contre par exemple 20% pour l'Allemagne, a soutenu M. Kotzias.

Athènes s'est opposée à la mise en cause de la Chine en matière de droits de l'homme, parce que deux jours plus tard une rencontre politique entre Européens et Chinois était prévue sur la question, a-t-il avancé, et parce que la Grèce jugeait "sélective" la liste des pays ciblés par les Européens.

Dans la seconde affaire, la condamnation de la Chine a finalement été bloquée par la Slovénie, a-t-il ajouté. La Grèce, qui connaît "des problèmes similaires" avec la Turquie en mer Égée, s'était selon lui contentée de demander un délai, destiné à permettre la prise en compte par l'UE d'un arbitrage international dans le dossier opposant la Chine et les Philippines.

Dirigée par M. Kotzias depuis l'arrivée au pouvoir de la gauche radicale en janvier 2015, la diplomatie grecque revendique un multilatéralisme axé sur la stabilité qu'offre le pays dans une région en crise et l'impératif d'attirer des investissements internationaux.

La Grèce se veut aussi un modèle de bon voisinage tant auprès des pays balkaniques qu'avec la Turquie, où M. Kotzias vient d'effectuer une visite destinée à "relancer le dialogue à tous les niveaux".

"Nous sommes le dernier pays qui voudrait rompre les négociations d'adhésion" de la Turquie à l'UE, a souligné le ministre, alors que les relations du grand voisin ne cessent de se tendre avec l'Europe.

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