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26/10/2017 09:36 EDT | Actualisé 26/10/2017 09:40 EDT

L'écrivain Daniel Rondeau, lauréat du Grand prix de l'Académie française

L'Académie française a ouvert jeudi la saison des prix littéraires en attribuant son Grand prix à l'écrivain Daniel Rondeau pour "Mécaniques du chaos" (Grasset), roman polyphonique mené comme un thriller, décrivant la préparation d'un attentat islamiste en France.

Le romancier a obtenu 14 voix contre 13 à Yannick Haenel et une à l'écrivain haïtien Louis-Philippe Dalembert.

"Ce roman représente la somme de tous mes engagements littéraires et personnels depuis plusieurs années", a déclaré le lauréat qui avait été rajouté in extremis à la liste des finalistes.

Ancien ambassadeur de France à Malte et par deux fois candidat malheureux à l'Académie française, Daniel Rondeau, 69 ans, est également en lice pour le prix Renaudot qui sera décerné le 6 novembre.

Soucieux de décortiquer les mécanismes de préparation d'un attentat, cet écrivain engagé (notamment du côté des chrétiens libanais) emmène son lecteur de Somalie en Éthiopie, de Turquie en Irak, de Libye en Algérie, ou encore dans la banlieue déshéritée de Paris ou la prison de Fleury-Mérogis, contrôlée par des détenus islamistes.

Il est question de terrorisme mais aussi de trafic d'oeuvres d'art et d'êtres humains.

Son narrateur, Sébastien Grimaud, est archéologue, spécialiste de l'Antiquité. Mais le roman foisonne de voix singulières. Il y a celle d'Habiba, "boat-people" somalienne rescapée d'un naufrage sur les côtes maltaises, de Moussa, chef de milice esclavagiste, de Levent, diplomate turc au jeu ambigu, de Bruno, policier de la brigade antiterroriste, de M'Bilal, caïd salafiste, de Sami, fils d'immigré algérien, modèle d'intégration en voie de radicalisation ou encore de Harry, pauvre gamin orphelin d'une cité misérable de banlieue, utilisé comme "guetteur" par des dealers...

Tous ces destins vont se croiser ou se frôler. On peut se perdre parfois dans cette toile d'araignée, mais jamais très longtemps.

Ancien militant d'extrême gauche, journaliste au quotidien Libération puis à l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur, Daniel Rondeau a écrit de nombreux romans et essais, dont "Chagrin lorrain" (1979) son premier livre, parfois considéré comme l'un de ses meilleurs.

L'an dernier, le prix avait été attribué à Adélaïde de Clermont-Tonnerre pour "Le dernier des nôtres" (Grasset)

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