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25/10/2017 23:26 EDT | Actualisé 25/10/2017 23:40 EDT

Dans le sud de la France, la "solidaritat" avec la Catalogne s'organise

"Il se passe des choses graves de l'autre côté de la frontière, il faut être solidaires, nous sommes un même peuple": dans la partie française de la Catalogne, des sympathisants de la cause indépendantiste organisent la "solidaridat".

Près de 150 personnes de tous âges ont participé, mercredi soir à Perpignan (sud), à la première réunion d'un "comité de solidaridat catalana".

Elles répondaient à l'appel d'associations catalanes des Pyrénées-Orientales, département du sud-ouest de la France qui englobe presque exactement la partie de la Catalogne (région transfrontalière) qui est située au nord des Pyrénées, donc en France.

L'objectif était d'organiser et coordonner la solidarité à l'égard des "Catalans du Sud", comme leurs homologues de France appellent les Catalans d'Espagne.

Pour toutes ces personnes, il "est important d'être là", car "il y a des droits fondamentaux qui ont été bafoués" en Catalogne, estime Laura, 28 ans, habitant à Perpignan. "Il se passe des choses graves de l'autre côté de la frontière, il faut être solidaires, nous sommes un même peuple", ajoute-t-elle.

De l'autre côté du massif pyrénéen, le le Sénat à Madrid s'apprête à entériner la mise sous tutelle de la Catalogne qui pourrait déclarer son indépendance.

En accueillant les participants à la réunion de Perpignan, Hervé Pi, animateur de l'antenne française de l'ANC, l'Assemblée nationale catalane (indépendantiste) dénonce en catalan la détention de "prisonniers politiques", en référence aux deux chefs d'organisations indépendantistes catalanes, Jordi Sánchez et Jordi Cuixart, inculpés pour sédition.

- 'La répression va continuer' -

Et, prévient-il, "la répression va continuer. C'est pour cela qu'on crée un comité de solidarité", justifie-t-il au micro, sur une table dominée par le drapeau indépendantiste.

Parmi les initiatives, il est prévu d'informer population, parlementaires et médias --accusés d'ignorer "totalement la Catalogne"-- mais aussi d'ouvrir un compte bancaire, "une caisse de résistance" pour pouvoir notamment "aider les prisonniers politiques et leurs familles", explique M. Pi.

Nombre de participants à la réunion ont signé mercredi soir un chèque d'adhésion au collectif, fixée à 30 euros, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Parmi eux, Joana Serra, propriétaire de la librairie catalane de Perpignan, la LLibreria Catalana, selon laquelle dans son magasin, "des personnes viennent pour demander ce qu'ils peuvent faire pour la Catalogne du Sud".

André Laurent, un colonel à la retraite, dont la mère est née en Catalogne d'Espagne, avait aussi son chèque prêt, parce que les Catalans du Sud, "ce sont nos cousins".

L'ancien militaire se dit même prêt, "si les choses tournent mal", à "ouvrir sa maison" pour accueillir des réfugiés passant la frontière, comme les Républicains espagnols il y a quelque 80 ans, lors de la guerre civile espagnole.

Mais d'accueil de réfugiés, il n'a pas été question mercredi soir, assure Hervé Pi.

Reste que "dans la vie, tout est possible", dit-il à l'AFP. "Nous n'y croyons pas, mais nous y serions prêts", dit-il.

"Peut-être que des membres du gouvernement, des cadres devront quitter le territoire, c'est possible aussi", a confié à l'AFP Pierre Manzanares, membre d'Omnium cultural, association culturelle française distincte du mouvement éponyme espagnol, et un des organisateurs de la réunion de mercredi.

"Nous ne nous attendons pas à un exode, un exil massif. Mais nous sommes prêts à toutes les éventualités".

"On ne peut pas rester neutres par rapport à ce qu'il se passe", conclut Gautier, 29 ans, sympathisant de l'extrême gauche qui se dit prêt "à apporter une aide logistique, matérielle, tout ce dont pourraient avoir besoin les camarades de l'autre côté" de la frontière.

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