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26/10/2017 07:12 EDT | Actualisé 26/10/2017 07:20 EDT

Coupe du monde - Sans retenue jusqu'aux Jeux

C'est la dure loi du ski alpin: avec les blessures comme épée de Damoclès permanente, la saison s'annonce éprouvante entre la Coupe du monde, qui débute ce week-end par les traditionnels géants d'altitude à Sölden, et les Jeux d'hiver sud-coréens de Pyeongchang en février.

Bien plus que les autres disciplines olympiques, l'alpin exige d'être à fond tout le temps, sous peine de perdre les bons dossards de départ, d'où l'inflation des risques physiques déjà prégnants.

"La régularité sur l'ensemble de la saison est primordiale. Marcel Hirscher l'a prouvé ces dernières années", rappelle le Français Alexis Pinturault, dernier vainqueur à Sölden et une fois encore postulant au gros globe de cristal.

Hirscher, relativement épargné jusqu'alors, a été pris cette année dans les rets de la blessure, fracture de la malléole latérale de la jambe gauche lors d'un entraînement de slalom à la mi-août.

Le champion autrichien, sextuple vainqueur de la Coupe du monde -un record-, espère retrouver le circuit majeur en décembre.

D'autres absents de marque seront de retour dans quelques semaines: la Suissesse Lara Gut, les Norvégiens Aksel Lund Svindal et Aleksander Kilde, ou encore l'Autrichienne Anna Veith-Fenninger et l'Italienne Federica Brignone.

Saison blanche

Mais la saison sera blanche pour la Slovène Ilka Stuhec et probablement le Suisse Carlo Janka.

Criblée de blessures et d'opérations aux genoux au début de sa carrière, Stuhec avait traversé une accalmie de deux ans qui lui avait permis la saison dernière de remporter l'or de la descente aux Mondiaux de St-Moritz, le petit globe de la spécialité et la deuxième place au classement général, derrière l'Américaine Mikaela Shiffrin, souveraine en slalom.

Pour Janka, le coup du sort est d'autant plus rude qu'il avait dominé le super-G pré-olympique à Jeongseon, en février 2016, affichant ses aptitudes à la piste des Jeux 2018.

Les Jeux d'hiver, c'est évidemment l'objectif majeur. "Je ne pourrais pas échanger une médaille d'or pour des victoires en Coupe du monde", remarque ainsi Pinturault.

C'est aussi la quête de la star Lindsey Vonn, qui ne compte qu'un titre olympique (descente en 2010) dans son riche palmarès. Mais, preuve que la skieuse aux 77 victoires sur le circuit majeur entend aussi reconquérir le gros globe, Vonn a décidé de prendre le départ samedi du géant d'ouverture, une discipline qu'elle avait délaissée ces dernières années pour déjà retrouver son niveau en descente après de multiples blessures.

Pour le moment, Vonna a mis en sourdine sa revendication d'affronter les messieurs en descente sur sa piste fétiche de Lake Louise (Canada), un billard.

Question de poids, de force musculaire, d'engagement, Vonn ne battra jamais les meilleurs descendeurs. Mais, à force d'insister, la Fédération internationale de ski (FIS) a entrouvert une porte pour novembre 2018.

"C'est une opération de marketing, qui n'a pas de sens. Une manière d'attirer les sponsors et l'attention. Si elle veut vraiment la confrontation, qu'elle vienne à Kitzbühel", a réagi l'Italien Christof Innerhofer, vice-champion olympique de descente et adepte des pistes extrêmes.

- Retour aux 30 m -

Dimanche, les géantistes vont gagner une heure de sommeil mais aussi remonter le temps de six ans.

Le rayon de courbe de leurs skis repasse à 30 m, contre 35 m depuis 2011.

La mesure, adoptée à l'époque pour des raisons de sécurité et censée limiter le nombre des blessures, n'a pas été convaincante, d'autant que des pathologies lombaires étaient apparues.

"Ca va être plus simple à guider, notamment pour les skieurs moins puissants. Mais ça ne bouleversera pas la hiérarchie", estime Angelo Maina, directeur course chez Rossignol.

L'Américain Ted Ligety, quadruple vainqueur à Sölden et de retour après blessure, constitue un bon marqueur de cette involution, lui qui avait creusé l'écart avec la concurrence à partir de 2011.

Leader de la nouvelle vague, le longiligne Norvégien Henrik Kristoffersen devra s'adapter, n'ayant connu que les +35 m+ de rayon de courbe.

asc/jcp