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26/10/2017 03:49 EDT | Actualisé 26/10/2017 04:00 EDT

Catalogne: plusieurs milliers d'étudiants manifestent pour l'indépendance

Des milliers d'étudiants étaient rassemblés jeudi à la mi-journée à Barcelone pour soutenir la proclamation d'une république indépendante et protester contre la mise sous tutelle de la Catalogne prévue par Madrid.

Oeillets rouges à la main ou drapeaux indépendantistes noués autour du cou, le cortège parcourait les rues du centre de la capitale catalane, a constatée une journaliste de l'AFP.

"Vous ne pourrez pas emprisonner tout un peuple. Non à la répression franquiste", pouvait-on lire sur une grande banderole, tandis que des étudiants criaient "dehors les forces d'occupation!" en direction d'un hélicoptère survolant la foule.

"Nous sommes ici pour défendre les institutions catalanes. Le gouvernement espagnol veut appliquer (l'article 155 de la Constitution) pour destituer le gouvernement catalan", explique Pol Moratalla, 18 ans.

"La démocratie est comme une drogue, si tu ne la défends pas, ils peuvent te la voler et te l'enlever", s'insurge Judith Campos, 19 ans.

Le mouvement Universités pour la République et le Syndicat étudiant ont appelé à une journée de grève dans les universités dans les quatre plus grandes villes catalanes, Barcelone, Girone, Lleida et Tarragone, afin de protester contre l'application de l'article 155 de la Constitution espagnole, permettant de mettre sous tutelle la Catalogne, et afin de réclamer l'autonomie des universités.

Le Sénat doit décider vendredi en séance plénière s'il accorde au chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy, au titre de cet article, le pouvoir de destituer l'exécutif indépendantiste catalan, la mise sous tutelle de sa police, de son Parlement, de ses médias publics, pour six mois, le temps d'organiser début 2018 dans la région des élections remettant tout à plat.

L'article 155, jamais encore utilisé, donne le pouvoir au chef du gouvernement, si le Sénat approuve ses propositions, de destituer l'exécutif catalan, mais aussi de placer sous tutelle ses administrations. Des fonctionnaires comme les enseignants pourraient donc être suspendus et remplacés.

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