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26/10/2017 03:48 EDT | Actualisé 26/10/2017 04:00 EDT

Bakou déclare persona non grata un présentateur de CNN pour visite au Nagorny-Karabakh

L'Azerbaïdjan a déclaré jeudi persona non grata le journaliste et critique gastronomique de la chaîne de télévision américaine CNN Anthony Bourdain, pour s'être rendu dans la région séparatiste du Nagorny-Karabakh.

Considéré comme l'un des chefs parmi les plus influents au monde, l'Américain Anthony Bourdain a fait preuve de "manque de respect pour l'intégrité territoriale et la souveraineté de l'Azerbaïdjan", a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères Hikmet Hajiyev.

En conséquence, il "a été inclus dans la liste des persona non grata" de ce petit pays du Caucase du nord, en conflit depuis plus de 20 ans avec son voisin l'Arménie au sujet du Nagorny-Karabakh.

Le Nagorny-Karabakh est une région peuplée majoritairement d'Arméniens qui a fait sécession mais est toujours reconnue internationalement comme faisant partie de l'Azerbaïdjan.

Dans le cadre du tournage de son émission "Parts Unknown", Anthony Bourdain s'est rendu en Arménie et au Nagorny-Karabakh afin d'explorer leur culture et traditions culinaires, selon la presse arménienne.

"Filmer une émission culinaire dans ce territoire occupé de l'Azerbaïdjan est une insulte pour le million de réfugiés azerbaïdjanais qui ont expulsé par la force de leurs maisons", a estimé M. Hajiyev.

Jusqu'à présent, Bakou a mis sur sa liste noire environ 700 étrangers pour avoir visité le Nagorny-Karabakh. Certains ont même été condamnés à des peines de prison, comme un blogueur russo-israélien condamné à trois ans de prison avant d'être grâcié par les autorités azerbaïdjanaises en septembre.

Le conflit entre Erevan et Bakou concernant le Nagorny-Karabakh, perdure malgré un cessez-le-feu conclu en 1994. Aucun traité de paix n'a été signé entre Bakou et Erevan à la fin d'une guerre ayant fait 30.000 morts et des centaines de milliers de réfugiés.

Des heurts se produisent régulièrement depuis. En avril 2016, au moins 110 personnes - des civils et des militaires des deux camps - ont ainsi été tuées dans les pires violences depuis 1994.

Un nouveau cessez-le-feu a été signé à Moscou entre les belligérants, mais des combats sporadiques continuent de se produire le long de la ligne de démarcation.

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