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24/10/2017 11:06 EDT | Actualisé 24/10/2017 11:20 EDT

Turquie : libération conditionnelle pour deux journalistes (agence)

Un tribunal turc a ordonné mardi la remise en liberté conditionnelle de deux journalistes, accusés d'être impliqués dans la tentative de putsch de juillet 2016, selon l'agence d'Etat Anadolu.

Un tribunal d'Istanbul a ordonné la liberté conditionnelle pour Atilla Tas et Murat Aksoy, poursuivis pour tentative de coup d'Etat et appartenance à FETO, un acronyme qui désigne pour les autorités turques le mouvement du prédicateur Fethullah Gülen, accusé par Ankara d'avoir ourdi la tentative de putsch du 15 juillet 2016, explique Anadolu.

M. Gülen, installé aux Etats-Unis, nie les accusations portées contre lui.

Cette mesure concerne également l'enseignant Davut Aydin, poursuivi dans le même dossier.

MM. Tas et Aksoy devaient être libérés dans la soirée, a confirmé à l'AFP le représentant de Reporters Sans Frontières (RSF) en Turquie, Erol Önderoglu, précisant qu'ils étaient détenus depuis 421 jours.

Tous deux ont collaboré avec des médias gulénistes, mais rejettent toute implication dans le putsch manqué.

"Dans un pays qui reconnaîtrait le rôle réel du journaliste, ils n'auraient pas passé un jour derrière les barreaux", estime M. Önderoglu, pour qui il s'agit de "discréditer les journalistes qui ne faisaient que leur métier".

La prochaine audience dans ce procès, dans lequel 29 personnes sont poursuivies, dont 20 encore en détention provisoire, a été fixée au 4 décembre, selon Anadolu.

Les accusés risquent la prison à vie, s'ils sont jugés coupables.

Selon le site internet P24, spécialisé dans la liberté de la presse, plus de 150 journalistes sont détenus en Turquie, pays qui occupe la 155e place sur 180 au classement de la liberté de la presse établi par RSF.

Depuis le putsch avorté, plus de 50.000 personnes ont été arrêtées et plus de 140.000 ont été limogées ou suspendues à travers le pays.

Ces purges visent les partisans présumés du prédicateur Fethullah Gülen, mais ont également touché des opposants politiques du président Recep Tayyip Erdogan, des médias critiques et des militants des droits de l'homme.

lsb/mct