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24/10/2017 08:08 EDT | Actualisé 24/10/2017 08:20 EDT

Tueurs du Brabant : "piste intéressante" mais déjà ancienne (ministre)

Le ministre belge de la Justice, Koen Geens, a mis en garde mardi contre des "attentes démesurées" concernant la dernière piste ayant émergé dans la tentaculaire enquête sur les tueries du Brabant dans les années 1980.

Cette affaire, une des plus grandes énigmes criminelles de Belgique, a ressurgi ce week-end après la diffusion à la télévision belge du témoignage du frère d'un ancien gendarme.

Ce dernier lui aurait confié avant de mourir, en 2015, avoir participé à la série de braquages ayant fait 28 morts entre 1982 et 1985, et affirmé que plusieurs collègues d'une ancienne unité d'élite de la gendarmerie, le "Groupe Diane", étaient également impliqués.

"Il ne faut pas avoir d'attentes démesurées" sur cette piste, a affirmé M. Geens mardi devant le Parlement belge, en révélant que le suspect était de longue date dans le collimateur de la justice, puisque les enquêteurs avaient prélevé sa salive et pris ses empreintes digitales en 2000, sans parvenir à le confondre.

"Une analyse génétique" a été faite "en 2017, qui ne donnera aucun résultat", a détaillé le ministre. L'enquête est d'autant plus difficile que les enquêteurs ne disposent de presqu'aucun matériel ADN de membres présumés de la bande prélevé à l'époque des faits.

Le frère et l'ex-compagne de ce gendarme originaire de Flandre - suspecté d'être le "géant" de la bande de tueurs ayant marqué les esprits en raison de sa stature - ont été entendus ces derniers mois, a-t-il précisé, jugeant cette piste "assurément intéressante".

L'affaire des "Tueurs du Brabant", qui s'est égarée sur de nombreuses fausses pistes, n'a jamais été résolue et reste un traumatisme en Belgique.

M. Geens a affirmé qu'il lui était "apparu évident", peu après sa prise de fonctions à l'automne 2014, "qu'il y avait eu des tentatives de manipulation de l'enquête".

Les nouvelles révélations ont relancé les spéculations sur une collusion des forces de l'ordre, ainsi que sur les motivations politiques de la bande.

Plusieurs membres du Groupe Diane (aujourd'hui dissous) étaient réputés proches de l'extrême droite, qui aurait pu, par le biais des "Tueurs du Brabant", mener une entreprise de déstabilisation de l'Etat belge à l'époque.

"Il est possible que les tueries du Brabant wallon visaient également l'Etat", a concédé le ministre. "Trop de choses restent inachevées et non éclaircies", a-t-il ajouté.

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