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24/10/2017 08:05 EDT | Actualisé 24/10/2017 08:20 EDT

Présidentielle en Russie: Sobtchak veut réunir les mécontents

La candidate à la présidentielle russe Ksenia Sobtchak, vedette de la télévision proche de l'opposition, a affirmé mardi qu'elle espérait réunir les Russes mécontents de la situation dans le pays mais pas s'en prendre "personnellement" à Vladimir Poutine.

Au cours de sa première conférence de presse comme candidate dans un théâtre branché du centre de Moscou, Ksenia Sobtchak a démenti avec véhémence les rumeurs selon lesquelles sa candidature à la présidentielle de mars 2018 avait été décidée par le Kremlin pour contrer celle d'Alexeï Navalny, principal opposant au pouvoir.

"Je m'expose seule pour affirmer que je suis contre ce qui se passe dans le pays", a-t-elle déclaré, assurant que son programme serait écrit avec l'aide d'experts et des personnes rejoignant sa campagne.

Elle a également assuré ne pas vouloir "insulter personnellement Poutine", ajoutant que "pour certains, Poutine est avant tout un tyran et un dictateur. Pour d'autres, il est le dirigeant qui protège le monde russe et qui a relevé la Russie tombée à genoux".

"Pour moi, Poutine est avant tout quelqu'un qui a aidé mon père alors qu'il était dans une situation difficile et qui lui a pratiquement sauvé la vie. Je m'en souviens", a-t-elle ajouté.

Son père, Anatoli Sobtchak, maire de Saint-Pétersbourg après la chute de l'URSS, est considéré comme le mentor du président russe.

Ksenia Sobtchak a expliqué être "contre tout ce qui se passe" en Russie" et ne pas "apprécier tout ce qu'a fait Poutine en tant qu'homme politique".

La jeune femme de 35 ans souhaite représenter le vote dit "contre tous", une option offerte jusqu'en 2006 aux électeurs sur les bulletins de vote, estimant que "ces élections doivent devenir un référendum national dans lequel la candidate +contre tous+ unifiera les gens".

"Ce que nous avons aujourd'hui ne sont pas des élections, ce sont des quasi-élections (...) C'est un show très cher mais de mauvaise qualité", a-t-elle encore assuré, ajoutant que "nous devons quand même continuer à combattre".

- Soutien d'hommes d'affaires -

Révélée par l'émission de téléréalité Dom-2, dans laquelle les participants formaient des couples, Ksenia Sobtchak a également rejeté les accusations de ceux jugeant sa candidature futile, affirmant que "notre Parlement est un endroit bien plus ridicule que Dom-2".

Pour que sa candidature soit validée par la Commission électorale centrale, elle doit réunir 100.000 signatures. Selon le site de sa campagne, environ 9.000 ont signé depuis l'annonce de sa candidature, mercredi.

Accusée de diviser les rangs de l'opposition en se présentant, Ksenia Sobtchak a promis de se retirer de la course si Alexeï Navalny était autorisé à présenter sa candidature.

Les ambitions présidentielles de M. Navalny, qui est en campagne depuis plusieurs mois et organise des meetings à travers la Russie, ont été refroidies la semaine dernière par la commission électorale qui l'a déclaré inéligible jusqu'en 2028 en raison d'une condamnation de justice.

Selon Ksenia Sobtchak, "un grand nombre d'hommes d'affaires" ont déjà exprimé leur désir de rejoindre sa campagne présidentielle, dirigée par l'ancien chef de la campagne présidentielle victorieuse de Boris Eltsine en 1996, Igor Malachenko.

De son côté, Vladimir Poutine ne s'est pas encore officiellement déclaré candidat, à moins de six mois du scrutin, mais il devrait, sauf énorme surprise, briguer un quatrième mandat.

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