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24/10/2017 12:04 EDT | Actualisé 24/10/2017 12:42 EDT

Le nouvel élu albertain qui craint les «féminazies» attendu de pied ferme

OTTAWA — Les libéraux n'ont pas perdu de temps. Avant même que le vainqueur de l'élection partielle en Alberta, Dane Lloyd, ne fasse son entrée officielle en Chambre, ils ont tiré les premières salves en sa direction, mardi, en cherchant à le dépeindre comme un adversaire des droits des femmes.

Le futur député conservateur est visiblement attendu de pied ferme à Ottawa, en particulier par la ministre de la Condition féminine, Maryam Monsef, qui a profité d'une question en provenance de son côté de la Chambre (une question «plantée») pour passer à l'offensive.

Dans sa réponse, elle a reproché au jeune vainqueur âgé de 26 ans seulement son utilisation du terme «féminazi» dans un commentaire qu'il a publié sur Facebook en 2009. Elle a déploré le commentaire qui, selon elle, fait reculer la cause féministe.

Le candidat victorieux à l'élection partielle de la circonscription de Sturgeon River—Parkland, à Edmonton, s'était réjoui de la fermeture d'un programme d'études féministes de l'Université de Guelph en disant redouter que les «féminazies» ne l'«assassinent» pour sa réaction.

L'opportunité saisie par la ministre Monsef pour ramener la chose sur le tapis a fait grogner dans les banquettes conservatrices. C'est l'élue albertaine Michelle Rempel qui a riposté une fois son temps de parole venu en brandissant à son tour de vieux commentaires dénichés sur Facebook.

Elle a fait référence, dans sa question, à un message remontant à 2007 dans lequel le député libéral Peter Schiefke suggère, apparemment à la blague, que les tâches ménagères font partie de l'ADN des femmes, selon une capture d'écran consultée par La Presse canadienne.

Avant son entrée à la période des questions en Chambre, Michelle Rempel n'avait pas voulu réagir directement aux propos de Dane Lloyd, préférant souligner qu'elle était impatiente de discuter de la question des droits des femmes avec son futur collègue de caucus.

«Il va venir à Ottawa et il pourra parler pour lui-même, mais ce qui est certain, c'est qu'il arrivera au sein d'un parti composé de femmes fortes comme moi-même», a-t-elle offert en mêlée de presse.

D'autant plus qu'en succédant à Rona Ambrose comme député, il prend le relais d'une politicienne qui a une «feuille de route très solide» en matière de défense des droits des femmes, a plaidé Mme Rempel.

La victoire de Dane Lloyd a été sans équivoque lors de l'élection partielle en Alberta, lundi soir. Il a récolté 77,4 pour cent du vote dans ce château fort conservateur laissé vacant par le départ de Mme Ambrose, en mai dernier.