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24/10/2017 07:23 EDT | Actualisé 24/10/2017 07:40 EDT

La Ghouta, soumise au blocus et aux bombardements du régime syrien

La Ghouta orientale, où plus de 1.100 enfants ont souffert ces trois derniers mois de malnutrition aiguë, est la dernière enclave rebelle près de Damas. Elle est assiégée depuis 2013 et régulièrement bombardée par le régime de Bachar al-Assad.

- La Ghouta dans la guerre -

A la mi-juillet 2012, les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL) lancent, depuis la Ghouta, la bataille de Damas. L'armée reprend rapidement le contrôle de la plus grande partie de la capitale après une semaine de combats. Mais des zones de sa banlieue passent sous contrôle rebelle.

Fin 2012, la périphérie de Damas se retrouve au coeur des affrontements: l'ASL a installé ses bases arrières dans la Ghouta orientale.

Dès lors, cette région sera régulièrement visée par de nombreux bombardements aériens meurtriers et tirs d'artillerie, qui touchent marchés, écoles et hôpitaux. Le secteur sera totalement assiégé à partir de 2013.

- Gaz sarin -

Le 21 août 2013, des centaines de personnes dont un grand nombre d'enfants sont tuées dans une attaque chimique dans la Ghouta orientale et Mouadamiyat al-Cham, un autre bastion de la rébellion près de Damas. L'opposition accuse le régime, qui dément.

Les Etats-Unis affirment avoir la "forte certitude" que le régime est responsable de l'attaque qui a fait selon eux 1.429 morts, dont 426 enfants.

Le 14 septembre, la signature d'un accord américano-russe sur le démantèlement de l'arsenal chimique de la Syrie annule in extremis des frappes envisagées par Washington et Paris pour "punir" le régime.

Deux jours plus tard, un rapport de l'ONU révèle des "preuves flagrantes" de l'utilisation de gaz sarin.

Près de 400.000 personnes, selon l'ONU, vivent actuellement dans la Ghouta orientale.

En novembre 2016, le patron des opérations humanitaires de l'ONU Stephen O'Brien a déploré l'utilisation de la "tactique cruelle" du siège, "en particulier par le gouvernement syrien", qui y a recours pour forcer les rebelles à déposer les armes, et les civils à se soumettre ou à fuir.

- Accords de 'réconciliation' -

Depuis 2015, le régime a scellé plusieurs accords de "réconciliation" dans des localités assiégées près de Damas, aux termes desquels des milliers d'insurgés et de civils ont été évacués vers Idleb, vaste province du nord-est dominée par des factions jihadistes, mais où des groupes rebelles se maintiennent.

Les rebelles, qui ont perdu des territoires face au régime soutenu militairement par la Russie et l'Iran, se sont vus contraints de signer ces accords d'évacuation.

Le 4 mai 2017, la Russie et l'Iran ainsi que la Turquie, qui soutien des rebelles, adoptent au Kazakhstan un plan visant à créer des "zones de désescalade", une initiative qui prévoit d'instaurer des cessez-le-feu dans quatre régions en Syrie.

Le 22 juillet, la Russie annonce la conclusion d'un accord de trêve avec des groupes rebelles "modérés" dans la Ghouta orientale, y créant une "zone de désescalade".

L'aide humanitaire parvient au compte-gouttes à la Ghouta et il faut obtenir au préalable l'autorisation du régime.

Selon le bureau des affaires humanitaires de l'ONU, le dernier convoi en date remonte à fin septembre.

"Mais ce n'était pas suffisant pour répondre aux besoins de tous les enfants", selon l'Unicef.

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