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24/10/2017 09:31 EDT | Actualisé 24/10/2017 09:40 EDT

Courte escale de Tillerson au Pakistan, accueilli fraîchement

Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson a effectué mardi une brève visite au Pakistan, où il a été accueilli fraîchement dans un contexte de relations tendues entre Washington et Islamabad.

M. Tillerson, premier haut responsable de l'administration Trump à se rendre au Pakistan, venait tenter de convaincre les autorités pakistanaises de lutter plus activement contre les groupes insurgés actifs sur le territoire et en Afghanistan voisin.

Il est resté moins de quatre heures sur place avant de s'envoler en direction de New Dehli où il est arrivé peu après 21H00 (16H00 GMT).

A Islamabad, M. Tillerson a reçu un accueil bien en-deçà du protocole en vigueur, seul un fonctionnaire de second rang du ministère des Affaires étrangères pakistanais étant présent à sa descente d'avion aux côtés de l'ambassadeur américain David Hale, a constaté un photographe de l'AFP.

Le secrétaire d'Etat s'est ensuite entretenu avec le Premier ministre Shahid Khaqan Abbasi, puis avec le chef de la puissante armée pakistanaise, le général Qamar Javed Bajwa.

Sa visite intervient sur fond de vives tensions diplomatiques entre les deux pays après que le président américain Donald Trump eut accusé en août Islamabad de jouer un double jeu en Afghanistan et d'abriter sur son sol des "agents du chaos".

"Le secrétaire d'Etat a réitéré le message du président Trump, qui est que le Pakistan doit accroître ses efforts pour éradiquer les terroristes sévissant dans le pays", a indiqué l'ambassade des Etats-Unis dans un communiqué.

M. Tillerson a également exprimé sa "gratitude" au gouvernement et à l'armée pakistanaise pour la libération d'une famille américano-canadienne retenue en otage grâce à des renseignements américains. M. Trump avait déjà salué cette manifestation de "respect" du Pakistan pour son pays.

"Nous avons obtenu des résultats" dans "la guerre contre le terrorisme", lui a répondu le Premier ministre pakistanais, désireux de "bâtir une formidable relation" avec les Etats-Unis.

Shahid Khaqan Abbasi a également conditionné "la promotion de la paix et la stabilité dans la région" à la "résolution du conflit au Cachemire" avec l'Inde, dont les troupes commettent "de graves violations des droits de l'Homme", dans un communiqué.

- Coopération -

Rex Tillerson avait effectué lundi une visite surprise en Afghanistan, au cours de laquelle il a rencontré le président Ashraf Ghani sur la base américaine de Bagram.

Les deux hommes y ont évoqué la nouvelle stratégie du président Trump, qui prévoit l'envoi de renforts à hauteur d'environ 3.000 hommes, en plus des 11.000 Américains déjà déployés, pour encadrer et former les forces afghanes.

M. Tillerson a indiqué au cours de cette visite que le Pakistan a reçu des "requêtes très spécifiques" pour limiter les soutiens dont bénéficient les talibans et d'autres groupes armés sur son sol.

"Nous voulons coopérer étroitement avec le Pakistan pour créer un environnement plus stable et plus sûr, au Pakistan même", a-t-il alors souligné.

Mais il s'agit de la part des Etats-Unis "d'un engagement sous conditions" : Islamabad "doit avoir une vision claire de la situation (...), du nombre de groupes terroristes qui ont pu trouver asile chez lui", a-t-il insisté.

Sept attaques et attentats se sont produits en cinq jours dans ce pays en guerre désormais depuis près de 38 ans, faisant plus de 200 morts parmi les forces de sécurité et les fidèles d'une mosquée de Kaboul.

De son côté, le Pakistan dément de longue date les accusations américaines et reproche à Washington d'ignorer les milliers de Pakistanais tués dans la lutte contre le terrorisme.

Le ministre américain de la Défense, Jim Mattis, avait laissé entendre début octobre que des sanctions financières pourraient être prises à l'encontre du Pakistan, évoquant "des efforts en cours au département d'Etat et au département du Trésor".

Il avait aussi suggéré que le Pakistan pourrait perdre son statut d'allié des Etats-Unis hors Otan. Accordé à 16 pays, ce statut a valu à Islamabad de bénéficier de milliards de dollars d'aide et d'accéder à certaines technologies militaires américaines avancées.

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