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23/10/2017 08:53 EDT | Actualisé 23/10/2017 09:00 EDT

Malte : une messe une semaine après l'assassinat de la journaliste

Politiques et dignitaires maltais ont rendu hommage lundi après-midi à la journaliste et blogueuse anticorruption Daphne Caruana Galizia dans une chapelle toute proche du lieu de son assassinat à la voiture piégée, voici exactement une semaine.

Mais la famille de Mme Caruana Galizia, qui réside tout près et accuse les autorités maltaises de complicité dans le drame, n'a pas participé à la messe.

"Ceux qui ont tué Daphne Caruana Galizia voulaient nous faire peur et nous terroriser", a déclaré l'archevêque de Malte, Mgr Charles Scicluna devant l'assemblée, où avaient pris place plusieurs anciens présidents et Premiers ministres ainsi que des parlementaires.

Vendredi, le pape François avait envoyé un message de condoléances au petit archipel méditerranéen, où le catholicisme est religion d'Etat, un geste rarissime de la part du Saint-Siège pour une personnalité privée.

Sur place, un drapeau maltais, des fleurs et des messages ont été déposés près de la route où des inconnus ont fait exploser une puissante bombe sous la voiture de la journaliste.

"Ton stylo est plus puissant que le Semtex. Ce que tu as écrit et révélé ne peut pas être balayé par une explosion", assurait l'un des messages.

Souvent qualifiée de "Wikileaks à elle toute seule", M. Caruana Galizia, 53 ans, avait révélé certains des pans les plus sombres de la politique maltaise, s'attaquant avec virulence à des proches du Premier ministre travailliste Joseph Muscat mais aussi plus récemment au chef de l'opposition nationaliste (centre droit).

"Notre résolution aujourd'hui est que là où il y a la violence, nous oeuvrerons pour la paix, là où il y a la haine, nous oeuvrerons pour l'amour, là où règne l'injustice, nous nous battrons pour la justice, là où il y a la peur, nous oeuvrerons pour le courage", a déclaré Mgr Scicluna.

Dimanche, des milliers de Maltais étaient descendus dans les rues pour marquer leur désir d'unité après l'assassinat, dans un pays marqué par des fractures partisanes ancestrales.

Mais l'absence des proches de Mme Caruana Galizia a été remarquée lundi à la messe. Dans des messages virulents sur Facebook, les trois fils de la journaliste ont accusé M. Muscat de s'être entouré d'escrocs et d'avoir créé une culture d'impunité ayant transformé Malte en "île mafia".

Les organisateurs de la manifestation de dimanche ont d'ailleurs appelé lundi les Maltais à envoyer tous un email à M. Muscat, à 15H00 précises, l'heure de l'assassinat, pour réclamer le départ du chef de la police et du ministre de la Justice.

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