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23/10/2017 09:41 EDT | Actualisé 23/10/2017 10:00 EDT

Le pape recadre un cardinal conservateur

Le pape François vient de recadrer un cardinal conservateur chargé de la liturgie, en estimant que les traductions liturgiques pouvaient subir des adaptations pour mieux parler aux croyants dans leur propre langue.

L'avertissement a été lancé dans un courrier à ce prélat, rendu public dimanche par le Vatican, une initiative inhabituelle.

Le vaticaniste de La Croix, Nicolas Senèze, n'hésite pas à parler d'une "sévère mise en garde" adressée au très traditionaliste cardinal guinéen Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et de la discipline des sacrements.

"Il s'agit de la seconde réprimande du pape" sur les pratiques liturgiques à l'encontre de ce cardinal de 72 ans, comptabilise le vaticaniste Christopher Lamb, de l'hebdomadaire catholique The Tablet.

L'austère cardinal, auteur de nombreux livres à succès, est ouvertement opposé au pape sur certains dossiers comme l'ouverture de la communion au cas par cas pour les divorcés remariés.

Il est également connu pour ses formules radicales. En 2015, ce "ministre" du pape avait par exemple estimé que "l'idéologie du genre" et l'organisation Etat islamique (EI) avaient "la même origine démoniaque".

Il entendait contrôler en détail les traductions des textes liturgiques arrivant de toute la planète, afin qu'ils restent très proches de la version latine.

Mais le pape François - partisan d'une décentralisation de l'Eglise et d'une liturgie "vivante" et "populaire" - a décidé pour sa part de confier ce soin aux Conférences épiscopales.

Début septembre, François avait pris l'initiative de modifier le droit canon (qui régit l'Eglise) en vue d'une meilleure collaboration entre le Saint-Siège et les conférences épiscopales sur les fastidieuses traductions.

Le nouveau texte donne plus clairement aux évêques locaux la responsabilité de la fidélité des traductions en langue locale, qui doivent seulement être "confirmées" en dernier lieu par la Congrégation dirigée par le cardinal Sarah.

Dans un commentaire publié sur plusieurs sites, le cardinal Sarah a assuré que l'initiative du pape ne venait "en aucune façon" modifier ses compétences.

Le pape a rétorqué dans sa lettre que la validation des traductions par Rome ne supposait "plus un examen détaillé mot par mot".

Depuis une instruction donnée par Jean-Paul II en 2001, les traductions étaient sévèrement contrôlées par l'Eglise de Rome.

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