NOUVELLES
23/10/2017 06:32 EDT | Actualisé 23/10/2017 06:40 EDT

Kenya: 20 ambassadeurs dénoncent la "détérioration de l'environnement politique"

Vingt ambassadeurs occidentaux ont dénoncé lundi la "détérioration de l'environnement politique" au Kenya en amont de la présidentielle de jeudi, regrettant des "attaques" contre les institutions engagées dans le processus électoral, en tête desquelles la Commission électorale (IEBC), une institution controversée.

Les diplomates soutiennent que si cette dernière estime ne pas être prête à organiser le scrutin, organisé à la suite de l'invalidation par la Cour suprême de la victoire du président sortant Uhuru Kenyatta à l'élection du 8 août, elle doit se tourner vers la Cour suprême pour obtenir un report au-delà de la date limite prévue par la Constitution.

"Cela ne nous poserait pas de problème", a déclaré l'ambassadeur américain au Kenya, Robert Godec, alors que de nombreux points d'interrogations subsistent sur la manière dont va se dérouler l'élection de jeudi et qu'opposition et pouvoir multiplient les invectives.

M. Godec a lu à la presse une déclaration signée par 20 ambassadeurs occidentaux au Kenya, dont celui de l'Union européenne, appelant au dialogue les différents acteurs d'un processus électoral qui va de rebondissement en rebondissement depuis l'invalidation de la présidentielle, le 1er septembre.

Cette annulation historique avait été une victoire majeure pour l'opposant Raila Odinga, mais ce dernier a depuis annoncé ne pas vouloir participer à la nouvelle élection, soutenant que l'IEBC n'a pas mené les réformes nécessaires pour gommer les "irrégularités" ayant poussé la Cour suprême à ordonner un nouveau scrutin.

M. Odinga a appelé à de nouvelles manifestations jeudi et écrit sur Twitter que ses partisans protesteraient mardi et mercredi devant les bureaux de l'IEBC.

"Les attaques contre le personnel de l'IEBC doivent cesser", a lancé M. Godec. "Personne n'est obligé de briguer un mandat ou de voter (...), mais personne ne devrait faire usage de la violence ou de l'intimidation pour perturber le droit des autres personnes à voter ou à participer" au scrutin.

Si l'IEBC n'a pas accédé à certaines requêtes majeures de l'opposition, dont l'éviction de nombreux responsables et le choix de nouveaux fournisseurs de matériel électoral, M. Godec a souligné que certaines mesures avaient été prises par l'IEBC en vue du nouveau scrutin.

"La détérioration de l'environnement politique mine les préparations de la nouvelle élection présidentielle", a soutenu M. Godec. "La rhétorique incendiaire, les attaques contre les institutions et l'insécurité croissante, tout cela rend la tenue d'un scrutin juste et crédible plus difficile".

"C'est dangereux et cela doit s'arrêter", a-t-il ajouté.

Le texte a été signé par l'Australie, l'Autriche, la Belgique, le Royaume-Uni, la République tchèque, le Danemark, l'UE, la Finlande, la France, l'Allemagne, l'Irlande, l'Italie, les Pays-Bas, la Norvège, le Portugal, la Slovaquie, l'Espagne, la Suède, la Suisse et les Etats-Unis.

fb/ndy/fal/jh