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23/10/2017 06:45 EDT | Actualisé 23/10/2017 07:00 EDT

Grève des magistrats au Tchad

Les magistrats tchadiens ont entamé lundi une grève de dix jours sur l'ensemble du territoire national à l'appel de leur centrale syndicale.

Les salles d'audience étaient vides, quelques justiciables traînaient dans l'enceinte du Palais de justice cherchant désespérément un interlocuteur et les bureaux des magistrats sont restés fermés, a constaté un journaliste de l'AFP à N'Djamena.

Cette décision a été prise à l'expiration, sans avoir obtenu satisfaction, d'une première grève de trois jours observée la semaine dernière.

Les magistrats se sont donnés rendez le 30 octobre pour une assemblée générale afin d'évaluer leur mouvement.

Leurs responsables syndicaux revendiquent entre autres le financement et l'organisation des élections au Conseil supérieur de la magistrature (CSM), le paiement de primes de rendement de l'année 2016 ainsi que le remboursement de 80% de leurs indemnités coupées par le gouvernement pour faire face à la crise financière.

Frappé par la chute des cours du baril de brut en 2014, le Tchad, pays pétrolier, a vu ses recettes chuter drastiquement et sa dette augmenter.

Le gouvernement a adopté 16 mesures d'austérité en août 2016 dans un pays où près de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté.

N'Djamena a récemment bénéficié d'un plan d'aide du Fonds monétaire international (FMI) et de plusieurs promesses d'investissements de la part d'acteurs privés.

Les critiques de ces plans de financement rappellent que le Tchad avait déjà appelé trois fois à l'aide à l'international, estimant que l'argent reçu n'a pas eu d'impact sur les conditions de vie des populations et que le Tchad consacre une trop grande partie de ses dépenses à son appareil sécuritaire.

Le Tchad du président Idriss Déby est un allié militaire de longue date de l'Occident, et notamment de la France. Il accueille aujourd'hui plusieurs forces de lutte anti-jihadiste comme l'opération française Barkhane, le G5 Sahel ou encore la Force multinationale mixte (FMM) pour lutter contre les islamistes nigérians de Boko Haram.

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