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23/10/2017 06:31 EDT | Actualisé 23/10/2017 06:40 EDT

Grèce: un Syrien suspecté de liens avec l'EI placé en détention provisoire

Un Syrien de 32 ans suspecté de liens avec le groupe jihadiste État islamique (EI), a été placé lundi en détention provisoire en Grèce après son inculpation pour "participation à une organisation terroriste", a indiqué une source judiciaire.

L'homme, un demandeur d'asile arrêté le 18 octobre à Alexandroupolis, dans le nord-est de la Grèce, y a déposé plus de trois heures devant un juge d'instruction, déniant tout lien avec l'EI, a indiqué une source policière.

Suspecté notamment, selon la police, sur la base de photos et vidéos retrouvées dans son téléphone portable, il a affirmé que ces documents dataient de son ralliement à l'Armée syrienne libre (ASL) qui a regroupé les rebelles au début du conflit en Syrie.

"La Grèce ne peut pas traiter comme terroriste tout réfugié qui a combattu pour la liberté et la démocratie dans son pays", a affirmé à l'AFP son avocate, Me Triantafyllia Tsioulpa.

L'homme avait été arrêté après s'être présenté avec sa femme à Alexandroupolis pour renouveler son statut de demandeur d'asile, selon l'agence de presse grecque Ana (semi-officiel).

Selon l'Ana, il était surveillé par la police car il avait été jugé suspect dès son arrivée en Grèce en juin 2016 via l'île de Leros en mer Egée, quelques mois après la grande vague migratoire de 2015.

Selon une source policière, l'homme aurait dans un premier temps admis avoir intégré les rangs de l'EI avant de les fuir, mais il a ensuite imputé cet aveu à une erreur de l'interprète qui traduisait ses propos.

Son arrestation a été décidée après que sa femme l'eut accusé de violences sur elle-même et sur leurs deux enfants, et en outre de soutenir l'EI, a indiqué une source policière.

Dans son téléphone, saisi au domicile de la famille à Thessalonique, deuxième ville grecque, la police a trouvé, selon l'agence grecque ANA, des vidéos et photos montrant des captifs exécutés par des membres de l'EI et d'autres violences jihadistes, dont certaines commises par le suspect lui-même.

Son épouse a affirmé à des journalistes grecs qu'il était policier en Syrie, et avait été membre de l'EI, mais n'entretenait plus de relations avec le groupe.

Quelques heures après son arrestation, il a tenté de suicider dans sa cellule en se pendant à sa couverture, mais en a été empêché par les gardiens, selon la police.

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