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23/10/2017 10:59 EDT | Actualisé 23/10/2017 11:20 EDT

France : feu vert des députés à la contribution française au budget de l'UE

Les députés français ont donné lundi leur feu vert à la contribution, en augmentation, de la France au budget de l'UE 2018, à l'issue de trois heures de débats très vifs.

80 membres de l'Assemblée Nationale (la chambre basse du Parlement), contre huit, ont voté l'article du projet de loi de finances qui fait passer ce montant de 18,7 milliards pour 2017 à 20,2 milliards d'euros pour l'année prochaine.

L'augmentation "significative" de ce poste, un des plus élevés en discussion dans le cadre du projet de budget, s'explique notamment par "la montée en charge, très tardive, de la politique de cohésion" européenne, selon Maurice Leroy, un député centriste soutenant la majorité présidentielle.

En 2017, la France était le deuxième contributeur net en volume au budget de l'UE, après l'Allemagne, mais elle en était le troisième bénéficiaire net au niveau des dépenses, après l'Espagne et l'Italie, a observé la ministre des Affaires européennes, Nathalie Loiseau.

Mais ces indicateurs "par nature réducteurs" ne permettent pas de mesurer combien le budget européen est "un instrument précieux" pour la politique agricole commune, le soutien aux investissements stratégiques (transition énergétique, très haut débit, etc.) ou l'aide aux plus démunis, a-t-elle poursuivi.

Le "feu vert" français au budget européen est "avant tout un oui à l'Europe", a quant à elle déclaré la présidente de la commission des Affaires étrangères Marielle de Sarnez, une centriste. Mais elle a prévenu qu'il serait aussi "exigeant pour l'avenir".

Elle a plaidé pour "transformer le budget de l'UE", loin des "marchandages" et des "ristournes" actuels, jugeant que "le Brexit sera peut-être une chance" pour y parvenir.

Plusieurs députés ont insisté sur le besoin accru de "ressources propres" pour l'Union européenne.

Le chef de file de la France Insoumise (gauche radicale, opposition) Jean-Luc Mélenchon a réitéré ses critiques contre "l'excédent que paie la France" pour l'Union européenne, à hauteur de six milliards d'euros, considérant que le bond du prélèvement "depuis 1982" est "cher payé pour ce que nous avons".

Il a aussi épinglé un budget de l'Europe qui "dépend de plus en plus des contributions des Nations", vu le recul des ressources propres, comme les "recettes de douanes décroissantes" sous l'effet des traités de libre-échange.

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