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23/10/2017 14:43 EDT | Actualisé 23/10/2017 15:00 EDT

Colombie: les Farc et l'ELN se joignent pour défendre les accords de paix

L'ex-guérilla de la Farc et l'ELN, dernière rébellion active en Colombie, ont convenu lundi à Quito d'un "mécanisme conjoint" pour défendre les accords de paix convenus entre ces organisations et le gouvernement.

A l'issue d'une réunion de deux jours à Montecristi (ouest de l'Equateur), les délégations de la Force alternative révolutionnaire commune (Farc), parti fondé par l'ancienne guérilla suite à la signature de la paix, et de l'Armée de libération nationale (ELN) ont en outre dénoncé l'assassinat de défenseurs des droits sociaux et la menace du paramilitarisme.

Le président Juan Manuel Santos a signé le 24 novembre dernier un accord de paix historique avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), la plus ancienne guérilla du continent américain, pour mettre fin à plus de 50 ans de conflit.

Puis le gouvernement a entamé en février à Quito, capitale de l'Equateur voisin, des pourparlers avec l'ELN pour parvenir à un accord similaire. Les deux parties ont pour la première fois signé un cessez-le-feu bilatéral, en vigueur jusqu'au 9 janvier.

Mais tant la Farc que l'ELN ont dénoncé des manques de la part du gouvernement dans l'application des accords.

Dans un communiqué conjoint publié à l'issue de leur réunion, avalisée par le président Santos et à laquelle a assisté la ministre des Affaires étrangères colombienne, Maria Angela Holguin, les deux délégations se sont engagées "à étudier des mécanismes communs" afin que soit appliqué l'accord signé avec les Farc et qu'"avance l'agenda des conversations convenu entre le gouvernement et l'ELN", dont le quatrième cycle doit commencer cette semaine.

"A cette fin, nous avons décidé de la création d'un mécanisme conjoint entre les deux forces, dont nous transmettrons les résultats au gouvernement, au pays et à la communauté internationale", ont-elles annoncé.

La Farc et l'ELN ont en outre condamné l'assassinat de "trente ex-combattants des Farc", de responsables d'associations et de défenseurs des droits humains.

Elles demandent au gouvernement de prendre des mesures pour démanteler les gangs paramilitaires, "la pire menace pour la paix en Colombie". Elles proposent, comme solution au "problème complexe" des cultures illicites pour la narcotrafic, d'établir des "plans de substitution" et des "programmes d'investissement social".

La délégation de la Farc était dirigée par Rodrigo Londoño, chef du parti et ex-commandant suprême de l'ancienne guérilla, et celle de l'ELN par le commandant Pablo Beltran, chef négociateur.

La Colombie tente de sortir d'un conflit armé de plus d'un demi-siècle qui, au fil des décennies, a impliqué une trentaine de guérillas, des paramilitaires et les forces armées, faisant au moins 260.000 morts, plus de 60.000 morts et quelque 7,1 millions de déplacés.

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