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18/10/2017 07:10 EDT | Actualisé 18/10/2017 07:20 EDT

Venezuela : les gouverneurs de l'opposition refusent de prêter serment

L'opposition vénézuélienne a refusé mercredi de faire prêter serment aux cinq gouverneurs de son camp devant l'Assemblée constituante, ce qui devrait entraîner leur destitution et relancer la crise politique dans le pays.

La Table pour l'unité démocratique (MUD), coalition qui rassemble les opposants au président Nicolas Maduro, a dénoncé dans un communiqué le "chantage de la Constituante frauduleuse", dont elle ne reconnaît pas la légitimité, et annoncé qu'elle refusait d'y présenter ses cinq gouverneurs régionaux élus dimanche.

Le gouvernement socialiste a menacé de destituer les gouverneurs ne prêtant pas serment devant cette institution dotée de pouvoirs très étendus - elle a notamment confisqué les prérogatives du Parlement à majorité d'opposition - depuis son entrée en fonction début août.

Mais les cinq élus de l'opposition "ne prêteront serment que devant Dieu et les conseils législatifs, et non devant l'Assemblée constituante frauduleuse", a indiqué la MUD, peu avant le début de la session spéciale de prestation de serment, prévue à la mi-journée.

Le doute planait sur leur éventuelle participation à la cérémonie, en raison des profondes divisions au sein de l'opposition, ravivées par sa cinglante défaite électorale dimanche, quand le parti de M. Maduro a raflé 18 des 23 régions du pays.

Mais la MUD a dit mercredi agir selon son "engagement" envers les plus de sept millions de Vénézuéliens qui, selon elle, ont voté lors du plébiscite qu'elle avait organisé en juillet pour rejeter l'Assemblée constituante. Ce scrutin n'avait été reconnu par les autorités électorales.

Le Conseil national électoral (CNE), accusé par l'opposition de servir les intérêts de Nicolas Maduro, a attribué mercredi la victoire au camp du gouvernement dans l'Etat de Bolivar, frontalier avec le Brésil, qui restait encore indécis depuis dimanche.

Les résultats des élections régionales ont été rejetés par la MUD et mis en doute par les Etats-Unis, l'Union européenne et une douzaine de pays d'Amérique latine, qui ont demandé un audit indépendant.

L'opposition, donnée grande favorite dans les sondages avant le scrutin, a dénoncé des irrégularités dans le processus électoral, comme l'usage de bulletins portant à confusion et le déplacement à la dernière minute de bureaux de vote dans des zones où le vote anti-Maduro est majoritaire.

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