NOUVELLES
18/10/2017 09:45 EDT | Actualisé 18/10/2017 10:00 EDT

Russie : la vedette libérale Ksenia Sobtchak candidate à la présidentielle

La vedette de télévision russe Ksenia Sobtchak, fille de l'ex-maire de Saint-Pétersbourg et proche du camp libéral, a annoncé mercredi son intention de se présenter à la présidentielle de mars prochain, divisant davantage les rangs de l'opposition face à une probable candidature de Vladimir Poutine.

"Comme tout citoyen de Russie, j'ai le droit de me présenter à la présidentielle. J'ai décidé d'utiliser ce droit, ne serait-ce que parce que je suis contre tous ceux qui utilisent ce droit d'habitude", déclare la jeune femme de 35 ans sur une vidéo postée sur un site de campagne dévoilé mercredi (http://www.sobchakprotivvseh.ru/).

Fille de l'ex-maire de Saint-Pétersbourg Anatoli Sobtchak, mentor politique de Vladimir Poutine, Ksenia Sobtchak, parfois surnommée la "Paris Hilton russe", a incarné pendant une décennie "la jeunesse dorée" de l'ère Poutine.

Vedette de plusieurs émissions de télévision et rédactrice en chef de la version russe du magazine de mode L'Officiel, elle a rejoint les rangs de l'opposition lors des manifestations contre Vladimir Poutine fin 2011.

Par le biais de sa candidature, elle souhaite représenter le vote dit "contre tous", une option auparavant disponible pour les électeurs mais supprimée depuis 2006 pour les élections fédérales. "Vous n'avez pas de candidats? Votez Sobtchak. Vous ne la choisissez pas comme présidente. Vous obtenez juste le droit légal et pacifique de dire +ça suffit! y en a marre!+", a-t-elle expliqué.

Si elle compte se présenter en indépendante, il faut désormais que la jeune femme réunisse 300.000 signatures pour que sa candidature soit acceptée par la Commission électorale russe.

Elle "remplit entièrement les exigences de la Constitution russe", a déclaré à la chaîne d'opposition Dojd le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, ajoutant qu'aucun accord au préalable n'avait eu lieu avec le président russe Vladimir Poutine.

S'il ne s'est pas déclaré officiellement, M. Poutine, 65 ans, devrait sauf énorme surprise briguer un quatrième mandat, courant jusqu'en 2024.

Avant même d'être annoncée officiellement, l'éventualité de la candidature de Mme Sobtchak avait provoqué la division au sein de l'opposition, dont la principale figure de proue, Alexeï Navalny, mène campagne mais a été déclaré inéligible jusqu'en 2028 par la commission électorale.

"Sa campagne sera certainement financée par un oligarque ou l'administration présidentielle. Pourquoi? Parce qu'ils ont besoin d'une caricature d'un candidat libéral. (...) C'est le plan du Kremlin", avait déclaré l'opposant.

Ksenia Sobtchak, qui avait alors accusé Navalny de vouloir garder "le monopole de l'opposition", a prévenu mercredi qu'elle retirerait sa candidature si celle de l'opposant était finalement acceptée.

Selon un sondage publié lundi par le centre indépendant Levada, à la question "Quelle femme pourrait être candidate à l'élection présidentielle?", seuls 0,4% des personnes interrogées ont répondu par le nom de la vedette de télévision. "Pour l'instant, elle n'a pas d'électorat", a estimé le politologue Alexeï Makarkine, cité par l'agence de presse RIA Novosti.

Lors de l'élection présidentielle de 2012, le camp libéral avait été représenté par le milliardaire Mikhaïl Prokhorov, qui avait créé la surprise en arrivant en 3e position avec environ 8% des voix, derrière Vladimir Poutine et le communiste Guennadi Ziouganov.

Il s'était cependant abstenu d'attaquer frontalement l'homme fort du pays, et avait été largement considéré comme "un projet du Kremlin", qui l'avait autorisé à se présenter pour calmer la vague de contestation sans précédent ayant accompagné la réélection de Vladimir Poutine après quatre ans au poste de Premier ministre.

all/gmo/mct/mr