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18/10/2017 06:21 EDT | Actualisé 18/10/2017 06:33 EDT

Le glioblastome qui a emporté Gord Downie est difficile à soigner

TORONTO — Le glioblastome qui a finalement emporté Gord Downie, le chanteur du groupe The Tragically Hip, compte parmi les cancers les plus difficiles à traiter et les plus mortels.

Son décès, ajoutent les chercheurs et ceux qui défendent les patients atteints d'un cancer du cerveau, met en lumière la nécessité d'augmenter le financement de la recherche sur cette maladie — une cause dont M. Downie et les autres membres du groupe se sont faits les champions après l'annonce de son diagnostic en mai 2016.

La cause exacte du glioblastome multiforme — qui porte ce nom parce que la tumeur renferme différents types de cellules — n'est pas connue, mais les recherches portent de plus en plus à croire qu'une mutation génétique donne naissance à cette tumeur très agressive.

Environ un millier de Canadiens reçoivent chaque année un diagnostic de glioblastome, et seulement 4 pour cent d'entre eux sont toujours vivants cinq ans plus tard. La période de survie moyenne suivant le diagnostic est d'environ 18 mois.

Le glioblastome multiforme est plus répandu chez les hommes que chez les femmes, et sa fréquence augmente avec l'âge. Les gens les plus touchés sont les adultes âgés de 45 à 75 ans; le glioblastome multiforme ne représente que 3 pour cent des tumeurs cérébrales pédiatriques.

Le glioblastome est difficile à soigner parce que la tumeur, en grossissant, envoie des tentacules envahir les tissus cérébraux voisins. Elle s'infiltre donc dans des endroits d'où elle est impossible à déloger, explique le neurochirurgien Peter Dirks, de l'hôpital torontois Sick Kids.

Si une chirurgie peut éliminer la majeure partie de la tumeur, certaines portions du cerveau sont inatteignables. Des cellules résiduelles pourront s'y cacher et donner naissance à une nouvelle tumeur, en dépit de la radiothérapie et de la chimiothérapie.

Ces tumeurs sont aussi difficiles à éliminer parce que plusieurs médicaments ne peuvent franchir la barrière hémato-encéphalique, les empêchant d'attaquer le cancer. Le témozolomide, un médicament développé au cours des dix dernières années, est capable de traverser cette barrière, et certains patients qui y réagissent bien peuvent prolonger quelque peu leur survie.

Les recherches se tournent maintenant vers des médicaments qui ressemblent au témozolomide, vers la thérapie génique et vers des traitements qui mobilisent le système immunitaire pour détruire les cellules cancéreuses, sans toucher les tissus sains.